Lusine Harutyunyan et Lukas Carrillo Elgueta sont deux “personnages” du film de Philippe Béziat. Ils racontent l’engagement que nécessite leur métier. Et leur joie de le partager avec le grand public sur grand écran.
Publié le 24 avril 2026 à 11h00
Elle est violoniste, il est contrebassiste. Elle vient d’Arménie, lui du Chili. Pour Lusine Harutyunyan, entrée à l’Orchestre de Paris en 2022, et Lukas Carrillo Elgueta, encore étudiant au CNSMD de Paris mais déjà amené à jouer avec l’Orchestre, leur travail pourrait s’apparenter à celui de l’équipage d’un avion : pour que le vol ait lieu dans des conditions optimales, chacun des cent vingt membres doit jouer sa partie tout en restant étroitement connecté aux autres. Dans cette vidéo, les deux musiciens évoquent les efforts nécessaires pour que le collectif fonctionne.
Condition indispensable, l’écoute mutuelle ne suffit pas, et le rôle du chef d’orchestre s’avère déterminant : « Il faut que quelqu’un décide ! Un avion ne peut pas voler sans pilote », résume Lusine. « Je ne peux pas bien entendre le musicien placé à 15 mètres de moi. Je ne peux pas faire confiance à mes seules oreilles, il y a un risque d’erreur, poursuit Lukas. Et il y a la question du placement du son. La sonorité plus grave de ma contrebasse met un peu plus de temps pour arriver au public que les sons plus aigus des violons. Le chef est aussi là pour anticiper et nous dire à quel moment entrer. »
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“Nous l’Orchestre” : une immersion organique dans le cœur palpitant de l’Orchestre de Paris
Le visionnage de Nous l’Orchestre les a émus, les ramenant à leur passion de longue date pour la musique, tout en ravivant leur fierté du travail ainsi exposé aux yeux (et aux oreilles) du grand public. Ce travail, le réalisateur Philippe Béziat le raconte merveilleusement, immergeant le spectateur dans l’orchestre grâce à des caméras qui nous placent juste à côté des musiciens, et avec près d’une centaine de micros et autant de pistes sonores, qui permettent de saisir, après montage, toutes les strates et les dimensions du travail symphonique. « C’est vraiment magique, tu entends tout, s’émerveille Lusine. Pendant Shéhérazade, de Rimski-Korsakov, j’ai pu entendre le son de mon propre violon. J’étais si touchée que j’en ai pleuré. »
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Source:
www.telerama.fr





