Meta installe un logiciel de surveillance sur les postes de ses employés américains. Le tout à un mois de 8 000 licenciements.
Meta s’apprête à déployer un nouvel outil de suivi sur les ordinateurs de ses salariés basés aux États-Unis. Le logiciel capturera mouvements de souris, clics et frappes au clavier pour nourrir l’entraînement de ses modèles d’intelligence artificielle.
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Ce que Meta va collecter (et ce qu’elle ne dit pas)
Le programme porte un nom rassurant : « Model Capability Initiative ». Un mémo interne, diffusé dans le canal de l’équipe Meta Superintelligence Labs et consulté par Reuters, en détaille le fonctionnement. L’outil tournera en arrière-plan sur une liste d’applications et de sites professionnels. Des captures d’écran seront réalisées ponctuellement.
L’objectif affiché : apprendre aux agents IA de Meta à reproduire les gestes quotidiens d’un humain devant un écran. Naviguer dans un menu déroulant, utiliser un raccourci, cliquer au bon endroit. Des gestes triviaux que les modèles actuels peinent encore à reproduire (ce qui en dit long sur l’état réel de l’« IA autonome »). Le mémo invite les salariés à contribuer « simplement en faisant leur travail habituel ».
Meta Superintelligence Labs est dirigé par Alexandr Wang, ancien patron de Scale AI. Meta a acquis 49 % du capital de Scale l’an dernier pour plus de 14 milliards de dollars. Le groupe prévoit jusqu’à 135 milliards de dollars de dépenses d’investissement en 2026, massivement orientés vers l’IA.
Entraîner son remplaçant, puis recevoir sa lettre de licenciement
Meta prévoit de licencier environ 8 000 personnes le 20 mai, soit 10 % de ses effectifs mondiaux. D’autres coupes suivront au second semestre. En mars, des informations de presse évoquaient un plan allant jusqu’à 20 % des 79 000 salariés du groupe. L’entreprise avait qualifié ces projections de « spéculatives ».
Concrètement, Meta demande à ses salariés de nourrir des agents conçus pour automatiser les tâches de bureau. Pendant ce temps, elle prépare des milliers de suppressions de postes. Le mémo n’aborde pas la coïncidence. La course aux agents autonomes mobilise aussi OpenAI et Anthropic, qui cherchent tous les mêmes données : des exemples concrets d’humains au travail devant un ordinateur.
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Source :
Reuters
Source:
www.01net.com





