A l’approche de l’étable, un tube des années 1980 retentit. « La musique, cela les apaise », explique Régis Mainguy en désignant quelques vaches, des holstein noires et rouges en train de mastiquer. Combinaison noire, bottes en caoutchouc de rigueur et barbe châtain, le producteur de lait qui gère la ferme familiale dans ce coin de Maine-et-Loire, Landemont, avec son frère et son cousin, en connaît un rayon sur le stress.
Et pas seulement sur celui de ses 130 bêtes. « Pour les collègues, cela va être compliqué, explique-t-il, pensif, en faisant le tour du propriétaire. En août [2025], on était à 48 centimes le litre de lait, et puis en décembre, à la suite de l’accord entre Lactalis et les éleveurs, on a appris que le prix passait à 44 centimes, et il est désormais à 41 centimes en ce début d’année, ce qui ne couvre plus les coûts de production. D’autant que les coûts du carburant et des engrais ont grimpé de 45 % depuis le début du conflit au Moyen-Orient. »
Ces montagnes russes sur les prix, l’exploitant les connaît bien. Sous contrat pendant des décennies avec le groupe Lactalis, Régis Mainguy s’est fait connaître pour avoir osé dénoncer, en 2016, lors d’un reportage d’« Envoyé spécial » sur France 2, les tarifs, jugés trop bas, pratiqués par le géant du lait. Les représailles n’ont pas tardé : trois mois plus tard, il est évincé de la laiterie, après la rupture de son contrat.
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Source:
www.lemonde.fr





