À voix basse, troisième film de la Tunisienne Leyla Bouzid, est sorti en salles en France mercredi 22 avril. Révélée en 2015 avec son premier film À peine j’ouvre les yeux, Leyla Bouzid traite dans ce film de l’intime et des problématiques majeures qui tourmentent la société tunisienne.
Publié le : 23/04/2026 – 14:13Modifié le : 23/04/2026 – 14:14
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Dans À Voix basse, Lilia, l’héroïne interprétée par Eya Bouteraa, est de retour dans son pays pour l’enterrement de son oncle Dali, mort dans des circonstances obscures. Elle refuse de subir ce qu’il a enduré en raison de son identité sexuelle, et se révolte contre la loi de son pays qui incrimine toujours l’homosexualité.
L’action se déroule à Sousse, ville conservatrice, la plupart du temps à l’intérieur d’une maison ancienne vouée à la disparition. Il s’agit de la maison de la grand-mère où trois générations de femmes se côtoient. Enquêter sur la mort de son oncle devient pour Lilia une quête sur la possibilité d’une autre vie : plus libre et plus heureuse.
En comprenant que Dali a succombé aux pressions familiales et sociales en ne se conformant pas aux normes imposées par la société, Lilia décide de casser le silence. Une occasion, pour la réalisatrice Leyla Bouzid, de « traiter les non-dits, les tabous et la manière dont ils sont intégrés au plus profond de soi ». Des événements passés sous silence qui habitent la personnage principale, malgré elle : « Elle les a intégrés dans ses choix les plus profonds et les plus importants et c’est cela que je trouvais important et intéressant de filmer », souligne la réalisatrice qui appartient à la génération des jeunes cinéastes tunisiens engagés.
Imprégnée d’éléments autobiographiques, dans un monde tamisé, à l’intérieur, la réalisatrice embrasse l’intime. Elle montre cette tension latente entre les habitudes sociales et la modernité, la liberté et les chaînes Elle esquisse surtout les portraits de femmes fortes, puissantes et plus solides, alors que l’homme s’avère plus fragile face au pouvoir. Un pouvoir qui considère l’intime comme une menace à la sécurité de l’État.
La sortie d’À voix basse, qui avait été sélectionné en compétition au festival de Berlin, est prévue le 29 avril en Tunisie.
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Source:
www.rfi.fr





