Publié le 19/04/2026 22:21
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Ces derniers mois, de nombreux accidents ont eu lieu sur les pistes entre des avions et des véhicules présents sur le tarmac. Comment de telles collisions sont-elles possibles ? Explications.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Au décollage ou à l’atterrissage, des collisions spectaculaires entre des avions et des véhicules au sol. Au Pérou, un camion de secours. Au Japon, un appareil des garde-côtes. À Hong Kong, en octobre dernier, un avion-cargo finit sa course dans l’eau après avoir heurté une voiture de patrouille de sécurité. Une autre image a fait le tour du monde. Le 22 mars dernier, à New York (Etats-Unis), une collision mortelle avec un camion de pompiers. Les deux pilotes de l’avion sont tués. Le camion avait pourtant reçu l’autorisation de traverser la piste. Mais quelques secondes plus tard, la tour de contrôle se ravise brusquement. L’avion percute le camion de plein fouet.
En France, dernier épisode en date il y a un an. C’est un engin de nettoyage qui s’encastre dans un avion stationné à Orly. Par chance, l’appareil est vide. L’accident ne fait aucun blessé. Les véhicules au sol, une source d’angoisse pour les pilotes de ligne. L’un d’entre eux témoigne, mais il souhaite rester anonyme. Pour lui, le danger peut surgir à tout moment. « On est ultra vigilants. Parce que le risque zéro n’existe évidemment pas. Dès qu’on entend que des véhicules doivent traverser des pistes, on augmente davantage notre vigilance », assure-t-il.
Exceptionnellement, nous sommes autorisés à accéder au tarmac de l’aéroport de Nice (Alpes-Maritimes). Jusqu’à 800 vols chaque jour. Au sol, le ballet incessant des camions de pompiers, véhicules de balisage, transport de bagages. Nous embarquons à bord d’un véhicule. Skander Larfaoui doit traverser la piste alors qu’au même moment, des avions décollent et atterrissent. Chaque passage est risqué. Il demande systématiquement l’autorisation de la tour de contrôle et n’a que quelques secondes pour traverser. « Il faut vraiment être sur le qui-vive. Il faut être prêt. On va vite parce qu’en fait, on n’a pas envie de ralentir un trafic. On veut tout de suite dégager la piste parce que c’est vraiment un endroit un peu sacré, on va dire », indique-t-il.
À Nice, on nous présente un dispositif bien rodé. Dans une salle, chaque véhicule est localisé en temps réel. « C’est extrêmement précis. On a des équipements à bord des aéronefs et des véhicules qui nous permettent de suivre vraiment au mètre près le positionnement des appareils, avions et véhicules, sur la plateforme », explique Clément Charbonneau, responsable gestion opérationnelle à l’Aéroport de Nice. Les conducteurs, comme les pilotes d’avions, restent en lien permanent avec la tour de contrôle. C’est elle qui régule le trafic au sol. Une communication fluide la plupart du temps.
Mais pour certains pilotes de ligne qui ont fait le tour du monde, il y a parfois des erreurs. « Ça fonctionne avec des radios de plus ou moins bonne qualité. Et quelqu’un peut croire avoir entendu autre chose que ce qui a été dit. C’est de l’humain, c’est sujet à ne pas bien entendre ou mal interpréter, et les accidents viennent de là », estime Thierry Oriol, du syndicat national des pilotes de ligne (SNPL). Ces cinq dernières années, rien qu’aux Etats-Unis, 26 collisions ont été évitées de justesse.
Source:
www.franceinfo.fr





