Publié le 29/04/2026 21:54
Temps de lecture : 1min – vidéo : 2min
Campagne choc aux Pays-Bas. La police a placardé partout dans les rues, sur les panneaux publicitaires ou à la télévision les visages d’escrocs potentiels, suspectés d’arnaques. Ils sont pour l’instant flous. Les suspects ont deux semaines pour se dénoncer, sans quoi leur visage sera révélé au grand jour.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Sur une affiche en plein cœur de Rotterdam, un suspect dont le visage n’est pas flouté est présenté comme ayant volé 20 000 euros en dérobant une carte bancaire. Dans tout le pays, la police néerlandaise a publié 100 visages de présumés escrocs, donc pas encore jugés. Un site internet leur est dédié et chaque cas est détaillé. « Ici, vous voyez l’entrée d’un appartement avec quelqu’un qui vient pour dérober la carte bancaire d’une victime », détaille Martin De Wit, policier spécialiste enquêtes et communication de la police des Pays-Bas.
Avant que les visages soient rendus publics, cette campagne a débuté par une première étape que présente ce policier : « On a commencé par montrer cette image avec 100 visages d’abord floutés et un message : ‘Vous avez deux semaines pour vous dénoncer, sinon, on monte votre visage.’ Le but principal, c’est de retrouver les suspects. » La campagne est aussi relayée sur les réseaux sociaux.
Montrer du doigt des suspects, l’opinion y est majoritairement favorable. « S’ils font quelque chose de mal, rien n’est privé, rien. Il faut les attraper et les mettre en prison », déclare un passant. « La police aurait dû publier les visages dès le début et ne pas les laisser flouter pendant deux semaines », estime une autre. Selon les forces de l’ordre, chaque cas est soumis au parquet qui donne la permission de publier ou non les visages. Résultat à ce jour, deux tiers des suspects ont été identifiés. Soit ils se sont eux-mêmes présentés aux forces de l’ordre, soit l’entourage ou les voisins les ont dénoncés.
Aux Pays-Bas, cette pratique est courante. Une chaîne de télévision consacre même une émission filmée dans un commissariat. Les visages sont tous reconnaissables. Mais dans la population, certains trouvent que cela va trop loin. « Ça me donne l’impression de vivre dans un État policier », s’inquiète un homme. Un autre acquiesce : « Cela crée une société où on se pointe du doigt en disant : ‘Eh, regardez, celui-là est coupable’ et ça va contre mon idée de la justice. »
Quant à la campagne d’affichage en ville, elle vient de s’arrêter. Mais le site internet restera accessible jusqu’à ce que tous les suspects soient retrouvés.
Source:
www.franceinfo.fr





