Coactionnaire et conseiller éditorial de la librairie toulousaine Ombres blanches (aujourd’hui dirigée par Emmanuelle Sicard), qu’il a hissée en quarante ans au rang de deuxième librairie indépendante française avec un fonds de 150 000 titres, plus de 300 rencontres par an et 150 nouveaux titres chaque jour, Christian Thorel a été l’un des premiers à alerter sur la mainmise idéologique de Vincent Bolloré, après le rachat de Hachette, en 2023. Il réagit au récent coup de force de ce dernier.
On a beaucoup entendu les auteurs, puis les éditeurs, après l’éviction d’Olivier Nora de Grasset. Comment vous, libraire, vivez-vous ce limogeage ?
Comme une décision indigne. Je crois ne pas avoir appris nouvelle aussi brutale dans le monde de l’édition depuis l’acquisition d’Hachette par Jean-Luc Lagardère, en 1980 : je débutais dans le métier, ce fut une secousse considérable. Tout l’après-midi du 13 avril, j’ai bégayé cette information. Ce soir-là, comme chaque soir, la librairie recevait un auteur. C’était le politiste Bernard Pudal, coauteur aux PUF du livre Du FN au RN. Les raisons d’un succès. Quel clin d’œil… J’ai tenu à être présent dans l’auditorium pour annoncer aux habitués de la librairie cette sombre et inquiétante nouvelle aux accents idéologiques si proches du thème de la soirée.
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Source:
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