La ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, revient dans « La Matinale » du 24 avril sur le budget alloué à son ministère en pleine crise énergétique, et sur l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver des Alpes françaises de 2030.
Marina Ferrari, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, l’assure ce vendredi 24 avril face à Serge Cimino dans « La Matinale » : les JO d’hiver des Alpes 2030 vont bénéficier de la même attention que les JO de Paris. « Le même effet que nous avons connu pour préparer Paris, nous devrions le connaître à nouveau pour préparer les Alpes 2030 », assure-t-elle.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Serge Cimino : Avant d’évoquer la crise qui touche les Français, avec les conséquences de la crise au Moyen-Orient, Emmanuel Macron, à Chypre, hier, a dit qu’il arrêterait la politique après 2027. Est-ce que vous y croyez ?
Marina Ferrari : Je n’ai pas de raison de remettre en doute la parole du président de la République, et puis je pense qu’il y a d’autres formes d’engagement possibles, et je souhaite que le président puisse continuer à s’engager peut-être d’une autre manière.
Comme on aime à le dire ici, tout est politique, donc on verra bien comment ça se concrétise après 2027. Je le disais, la crise continue. Bien sûr, il y a le cessez-le-feu, mais pour autant, le prix des carburants n’a pas bougé, en tout cas, il ne cesse de monter. Le Premier ministre a dit qu’il fallait geler à peu près six milliards d’euros de dépenses, quatre milliards pour le budget de l’État et deux pour la Sécurité sociale. Est-ce que vous trouvez que la réponse du gouvernement sur ces aides ciblées pour des professions qui sont atteintes par la hausse des prix du carburant est la bonne ? Est-ce que ça ne décourage pas les Français de consommer ?
Je pense que c’est la bonne réponse, parce que vous l’avez rappelé, nous avons un contexte budgétaire qui est contraint, tout le monde le sait maintenant. Je crois qu’il faut que nous allions justement cibler les personnes qui en ont le plus besoin aujourd’hui, donc, vous l’avez vu, nous avons prolongé des mesures sectorielles concernant des professions qui ont des besoins…
70 millions d’euros en avril, là on parle de 170 millions en élargissant les populations concernées.
180 millions d’euros, même. Nous prolongeons des aides sur les pêcheurs, sur les agriculteurs, sur les transporteurs, nous augmentons ces aides. Et puis également sur les gros rouleurs, vous le savez, trois millions de nos concitoyens qui vont être aidés, bien évidemment sous conditions de revenus. Mais je crois que c’est important de pouvoir apporter une réponse qui soit la plus proche possible des besoins de ceux qui ont le plus besoin.
On dit que le « quoiqu’il en coûte » est terminé, mais est-ce qu’entre le quoiqu’il en coûte des années Covid et ces aides ciblées, il n’y a pas un juste milieu ? Parce que le risque pour les finances de l’État, c’est que si les Français consomment moins, ça peut faire moins de TVA, moins de recettes fiscales et créer de toute façon une crise budgétaire.
C’est précisément ce que nous sommes en train de faire quand vous dites qu’il y a un juste milieu, nous sommes en train de cibler les personnes qui en ont le plus besoin ou les professions qui sont les plus exposées pour ne pas gripper la machine économique, pour permettre à nos concitoyens de continuer à aller travailler. Mais vous avez raison de souligner que nous avons d’ores et déjà des baisses de recettes liées au carburant, ce qui me permet de rappeler que tous ceux qui voulaient nous faire croire que l’État allait s’enrichir dans cette période, et bien aujourd’hui la situation démontre que c’est faux. Donc nous sommes présents, mobilisés au plus proche de nos concitoyens qui en ont besoin. Pour autant, nous faisons vraiment ces mesures ciblées, parce qu’il faut aller là où les gens ont le plus besoin.
On dit que dans les cartons du gouvernement, il y a un décret pour contrôler la marge des distributeurs. Pourquoi il n’a pas été sorti ? La crainte du gouvernement, c’est que cette crise dure. Est-ce que ce décret va sortir pour contrôler la marge des distributeurs, même si ça ne devrait pas beaucoup faire baisser le prix du carburant ? Pourquoi le Premier ministre attend ?
En fait, vous le voyez bien, nous sommes en train d’adapter les mesures au fur et à mesure de l’évolution de la crise. L’idée, c’est bien aujourd’hui de pouvoir répondre en fonction des besoins, et d’une manière, nous l’avons dit plusieurs fois, la plus pertinente possible. Donc nous préparons toutes les hypothèses, elles sont aujourd’hui sur la table du gouvernement pour travailler, mais nous adaptons vraiment nos réponses en fonction de l’évolution de la crise.
On prépare le budget 2027. Et les sports ont été les plus malheureux ces derniers temps. Après les Jeux Olympiques, une première baisse en 2025, une nouvelle baisse en 2026, à peu près de 7 %… Vous craignez que le budget 2027 soit du même acabit, alors qu’il y a des Jeux Olympiques à organiser ?
Les sports ont une vocation essentielle. C’est une politique publique qui coûte peu, mais qui rapporte beaucoup. Le coût de l’inactivité en France est chiffré, c’est plus de 190 milliards d’euros estimés. Et on sait qu’aujourd’hui, un euro investi dans le sport nous permet tout de suite d’économiser, en dépenses diverses sociales ou de cohésion sociale par exemple, 13 milliards d’euros. Un euro investi, 13 euros économisés. Donc, c’est vous dire si c’est important de maintenir cette politique publique qui est socle, je dirais. Moi, ce que je note, c’est que, bien évidemment, vous l’avez dit, nous avons des contraintes budgétaires. Le sport a pris sa part, comme les autres ministères, dans cette phase d’économie budgétaire.
Mais au niveau scolaire, le haut niveau, il n’y a pas besoin d’argent ?
En revanche, nous avons une baisse qui a été assez faible comparativement à d’autres secteurs, et je tiens à souligner d’ailleurs l’engagement du mouvement sportif.
C’est moins 30 % sur deux exercices budgétaires.
Ce n’est pas moins 30 % en deux exercices budgétaires, parce qu’il ne faut pas oublier que nous avons d’autres ressources. Les taxes affectées, notamment, qui ont, elles, été augmentées de 80 millions d’euros, je vous rappelle sur les deux exercices.
50 millions à peu près en moins ?
Voilà, c’est ça. Mais il faut regarder aussi d’où nous venons, puisque vous savez que depuis 2017 nous menons une politique très offensive en matière de développement du sport et de soutien à la jeunesse ou à la vie associative. Parce que je vous rappelle que depuis 2017, le budget du sport lui, il a augmenté de plus d’un tiers, de plus de 30 %.
Oui mais comprenez que l’effet post-JO a été dévastateur, parce qu’on se glorifiait à juste titre d’avoir réussi l’organisation, d’avoir plus de médailles et derrière, on dit : « On baisse le budget. »
Vous l’avez rappelé, il y a donc le budget JO. C’est vrai qu’il y avait toute une enveloppe qui était dédiée aussi aux Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris-2024. Là, nous préparons à nouveau des Jeux Olympiques à la maison pour les Alpes 2030, et bien évidemment nous avons commencé à inscrire en 2026 une première ligne budgétaire qui va monter en puissance jusqu’à 2030. Le même effet que nous avons connu pour préparer Paris, nous devrions le connaître à nouveau pour préparer les Alpes 2030. Et puis je rappellerai qu’en matière de haute performance, nous avons maintenu les budgets et nous l’avons vu sur les jeux de Milan-Cortina, puisque nous avons battu un record de médailles, donc preuve qu’en matière de développement, à la fois de la pratique et de soutien au haut niveau, nous continuons à être très offensifs.
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Source:
www.franceinfo.fr





