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A Douala, Léon XIV exhorte les jeunes à être des acteurs de l'avenir

La messe au Japoma Stadium de Douala constitue l’un des points d’orgue du pèlerinage camerounais de Léon XIV. Ils étaient plus de 120 000 à célébrer dans la liesse autour du Successeur de Pierre qui, partant des textes liturgiques du jour, a invité à voir non pas seulement notre indigence dans la faim physique mais surtout l’amour de Dieu. L’Eucharistie est en effet le sacrement de la «com-pagnie» qui nous transforme, «Le signe de la charité de Dieu qui nous invite à partager ce que nous avons».

Janvier Yameogo – Cité du Vatican

Ce sont les textes liturgiques du jour, du vendredi de la deuxième semaine du temps pascal, qui ont servi de base à la méditation livrée en français et en anglais par le Saint Père lors de la messe au stade Japoma de Douala. Suite à la lecture du récit de la multiplication des cinq pains et des deux poissons, en Jean chapitre 6, le Pape a interpellé les fidèles. «Jésus nous demande aujourd’hui: comment allez-vous faire pour résoudre le problème?».

La question est adressée à chacun, aux pères et mères de famille, aux pasteurs et à tous ceux qui ont la responsabilité sociale et politique de veiller sur le peuple et sur son bien. «Le Christ pose cette question aux puissants et aux faibles, aux riches et aux pauvres, aux jeunes et aux personnes âgées, car nous avons tous faim de la même manière. Cette indigence nous rappelle que nous sommes des créatures. Nous avons besoin de manger pour vivre. Nous ne sommes pas Dieu: mais, justement, où Dieu est-il face à la faim des peuples?».

Eucharistie: action de grâce pour l’abondance

Rappelant son opposition au gaspillage de la nourriture dans les sociétés repues ou au rationnement là où il y a pénurie, le Pape Léon XIV a insisté sur l’action de grâce et la bénédiction. L’action de grâce et la reconnaissance envers Dieu sont sources de bénédictions pour tout le peuple et pour le monde. «Un grave problème est résolu par la bénédiction du peu de nourriture disponible, et son partage avec ceux qui ont faim. La multiplication des pains et des poissons s’opère dans le partage: voilà le miracle! Il y a du pain pour tous s’il est donné à tous. Il y a du pain pour tous s’il est pris, non par une main qui s’empare, mais par une main qui donne.»

Le miracle accompli est signe d’amour et de service, il nous fait voir «non seulement comment Dieu nourrit l’humanité du pain de la vie, mais aussi comment nous pouvons porter cette nourriture à tous les hommes et toutes les femmes qui, comme nous, ont faim de paix, de liberté et de justice». La faim révèle notre indigence mais surtout l’amour de Dieu. Nous avons tous faim de la même manière et le Saint-Père attire l’attention sur la faim morale et spirituelle.

Nourrir l’âme comme le corps avec la même charité

«Tout geste de solidarité et de pardon, toute initiative pour le bien est une bouchée de pain pour l’humanité qui a besoin d’attention». Ce n’est pas suffisant, il faut en effet joindre avec la même charité la nourriture spirituelle à celle qui vient au secours de l’indigence du corps.

«À la nourriture qui nourrit le corps, il faut joindre en effet, avec la même charité, la nourriture de l’âme qui nourrit notre conscience, nous soutient dans les heures sombres de la peur, dans les ténèbres de la souffrance. Cette nourriture, c’est le Christ qui sans cesse nourrit son Église en abondance et nous fortifie en chemin par son Corps», a assuré le Pape. Christ nourrit en abondance son Église par son Corps.

Eucharistie: sacrement de la «Com-pagnie»

C’est bien pourquoi l’Eucharistie célébrée devient source d’une foi renouvelée, car Jésus est présent au milieu de nous. «Le Sacrement ne ravive pas un souvenir lointain dans le temps, mais réalise une “com-pagnie” qui nous transforme, parce qu’il nous sanctifie. Heureux les invités au repas du Seigneur! Autour de l’Eucharistie, cette même table devient une annonce d’espérance face aux épreuves de l’histoire et aux injustices que nous voyons autour de nous. Elle devient le signe de la charité de Dieu qui, dans le Christ, nous invite à partager ce que nous avons, pour être multiplié dans la fraternité ecclésiale.»

En recevant le corps du Christ, l’Église et chaque baptisé est interpellé pour être présence du Christ. Ainsi chaque fois que nos yeux croisent ceux de nos frères et sœurs qui manquent du nécessaire, qui vivent l’indigence, ces yeux nous renvoient à notre responsabilité et à la question de Jésus: «Que faites-vous pour toute ces personnes? Certes, être témoins du Christ, en imitant ses gestes d’amour, comporte souvent des difficultés et des obstacles, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de nous-mêmes où l’orgueil peut corrompre le cœur».

Le Pape invite alors à répéter avec le psalmiste: «Le Seigneur est ma lumière et mon salut; de qui aurais-je crainte?» (Ps 27, 1).

La jeunesse interpellée

L’Eucharistie est le sacrement de l’engagement et Dieu lui-même nous y encourage, a souligné le Pape, avant d’interpeller directement en anglais les jeunes. «Chers jeunes, c’est surtout à vous que j’adresse cette invitation, car vous êtes les enfants bien-aimés de la terre d’Afrique! Comme frères et sœurs de Jésus, multipliez vos talents par la foi, par la ténacité et par l’amitié qui vous habitent. Soyez les premiers à incarner les visages et les mains qui portent au prochain le pain de la vie: un aliment de sagesse qui libère de tout ce qui ne nourrit pas, détourne nos bons désirs et vole notre dignité».

«Beaucoup connaissent la pauvreté, tant matérielle que spirituelle, dans votre pays pourtant si fertile, le Cameroun» a souligné le Saint-Père. «Ne cédez pas à la méfiance et au découragement. Refusez toutes formes d’abus et de violences, qui illusionnent en promettant des gains faciles et endurcissent le cœur le rendant insensible. N’oubliez pas que votre peuple est plus riche encore que cette terre, car son trésor, ce sont ses valeurs: la foi, la famille, l’hospitalité, le travail. Soyez donc les acteurs de l’avenir, en suivant la vocation que Dieu donne à chacun, sans vous laisser acheter par des tentations qui gaspillent les énergies et ne servent pas au progrès de la société».

L’interpellation ne concerne pas seulement les jeunes mais toute l’Eglise vivant au Cameroun. Afin d’être protagonistes du changement, le Saint Père les a invités à prendre exemple sur le bienheureux Floribert, béatifié le 15 juin 2025 au Vatican. «Devenez la bonne nouvelle pour votre pays, comme le fut, par exemple, le Bienheureux Floribert Bwana Chui pour le peuple congolais.»

«Annoncer Jésus ressuscité, c’est tracer des sillons de justice dans une terre souffrante et opprimée, des sillons de paix au milieu des rivalités et de la corruption, des sillons de foi qui nous libèrent de la superstition et de l’indifférence» a conclu le Saint-Père. 

Après sa rencontre pour la paix à la mi-journée avec la communauté camerounaise de la région anglophone du Nord-Ouest, le Pape a présidé une messe à l’aéroport de Bamenda, à …


Source:

www.vaticannews.va

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