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Saxo : l’éditeur qui a façonné le label quitte ses fonctions

« Une contrainte de temps avant tout », explique-t-il à ActuaLitté. « J’avais une double casquette d’éditeur et de traducteur, et c’est devenu difficile à tenir. J’étais déjà passé à 40 % en septembre dernier pour amorcer la transition. Et puis j’avais rempli ma mission. »

Un label à construire presque de zéro

Lorsque Benjamin Kuntzer prend en main Saxo, la collection n’en est qu’à ses débuts. « Il y avait un roman et un recueil de nouvelles qui étaient sortis. En réalité, il y avait tout à construire », se souvient-il. Traducteur pour Eilean Books depuis les débuts de la maison, il avait traduit le premier roman paru chez Saxo, New Dragon City, de Mari Mancusi : « Et au moment où j’ai rendu le texte, la personne en charge du label est partie. »

Le projet s’impose rapidement « C’est un segment que je connais bien. J’avais déjà été éditeur jeunesse il y a une quinzaine d’années, et mes enfants sont pile dans l’âge de la lecture. Je me suis dit que c’était l’occasion de replonger. » En trois ans, Saxo se construit un catalogue riche et diversifié : une cinquantaine de titres, confirme-t-il.

La ligne éditoriale se veut volontairement large, tout en restant fidèle à l’ADN de la maison : l’imaginaire. « C’était un terrain de jeu assez vaste », résume-t-il, évoquant un catalogue allant des premières lectures – comme Bravepatte, roman graphique de fantasy accessible dès 6 ans – jusqu’au young adult, avec Les Gardiens de la citadelle de Laura Gallego.

Un rôle d’éditeur au sens large

Parmi les titres marquants figurent également Westfallen, uchronie pour jeunes lecteurs, ainsi que la publication de Susan Cooper avec Les Veilleurs des ténèbres, une série patrimoniale jusque-là incomplètement éditée en France. Un ensemble éclectique, mêlant séries, one-shots, imaginaire et romans contemporains.

Au sein de Saxo, Benjamin Kuntzer était chargé de repérer les titres, d’en acquérir les droits, de les travailler, de les faire traduire, de les présenter aux équipes commerciales. Une mission qui dépasse parfois le strict cadre éditorial. « Au début, il n’y avait pas de personne dédiée au marketing à 100 %. Donc ça débordait un peu sur tous les domaines. »

Son départ s’inscrit dans une transition progressive. « J’ai constitué un portefeuille de titres qui permet d’assurer le catalogue jusqu’à fin 2027 », précise-t-il. Son assistante, Joy A., appelée à jouer un rôle clé dans la suite du label, a été formée au fil de l’aventure. « Elle est arrivée peu après moi. J’espère que c’est elle qui reprendra la prospection, mais pour l’instant il s’agit surtout de suivi. »

Retour à la traduction : un parcours déjà bien installé

Avant d’être éditeur, Benjamin Kuntzer est avant tout traducteur – une activité qu’il exerce depuis près de deux décennies. Formé à la traduction (DESS obtenu en 2005), il débute chez Librio, alors intégré au groupe J’ai lu. C’est dans ce cadre que naissent ses premières opportunités de traduction. « Mes premières armes, c’est chez Bragelonne, en 2007. »

Depuis, il collabore avec de nombreuses maisons, de toutes tailles : Flammarion, Glénat, Pocket Jeunesse, Michel Lafon, Hugo & Cie, Anne Carrière, HarperCollins France, Bayard ou encore J’ai lu.

Le retour à la traduction est aussi l’occasion de renouer avec un espace de réflexion personnelle : son site notesdutraducteur.fr. « À l’origine, c’était un site pour répondre aux questions qu’on me posait sur le métier, les difficultés, etc. Et aussi une sorte de journal pour consigner mes travaux. »

Faute de temps, le site avait été mis en pause. « J’espère pouvoir le développer à nouveau. » Un enjeu d’autant plus important que le métier évolue rapidement. « Notamment avec l’émergence de l’IA. C’est important de montrer l’humain derrière. »

De nouveaux projets en cours

Désormais pleinement tourné vers la traduction, Benjamin Kuntzer entend diversifier ses collaborations. Plusieurs projets sont déjà engagés : « J’ai un contrat en cours avec PKJ, d’autres projets avec un auteur anglais autopublié… et un essai de géopolitique qui doit sortir chez Points prochainement. »

Le traducteur revendique cette diversité : « Je me fais plaisir en acceptant des projets dans différents domaines. Ça me permet d’apprendre encore. »

À LIRE – Le pari de De Saxus : des romans en relié et poche dès la sortie

Avec Saxo, Benjamin Kuntzer aura construit en quelques années une ligne jeunesse identifiable, nourrie par une forte culture de l’imaginaire et un travail éditorial de terrain. « C’était un projet très excitant », résume-t-il. Une parenthèse qui se referme, mais qui s’inscrit dans un parcours hybride, entre édition et traduction – deux métiers qu’il aura, le temps d’un catalogue, menés de front.

Crédits photo : Benjamin Kuntzer

Par Hocine BouhadjeraContact : hb@actualitte.com


Source:

actualitte.com

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