Deux entités contrôlées par le groupe Bolloré se rapprochent, à travers une coentreprise (joint venture). Hachette Livre (Louis Hachette Group, dont la famille Bolloré est la principale actionnaire) et Studiocanal (Canal+, dont Bolloré est aussi l’actionnaire principal) se retrouvent ainsi dans On Screen, afin de produire et développer des adaptations d’œuvres au catalogue de Hachette Livre.
« Ce partenariat s’inscrit dans une dynamique de marché porteuse et en croissance », souligne un communiqué de presse, assurant que les adaptations incarnent « près de 40 % du top 100 mondial du box-office, tout en représentant moins de 10 % de la production cinématographique totale ».
Cependant, « une part importante de ce potentiel demeure sous-exploitée, les éditeurs ne captant encore qu’une part limitée de la valeur générée dans la durée par ces adaptations », poursuit le message des deux entreprises. Autrement dit, l’internalisation de l’ensemble des opérations permettra au groupe de capitaliser au maximum sur l’exploitation des œuvres littéraires sur les écrans.
Conception créative, financement, production et distribution internationale pourront ainsi être assumés par les équipes de Studiocanal. « En réunissant des expertises aussi complémentaires, nous renforçons les orientations stratégiques d’Hachette Livre et soutenons pleinement le travail de nos équipes talentueuses à travers le Groupe. Cette alliance réaffirme notre engagement en faveur du récit sous toutes ses formes, afin de faire rayonner nos contenus sur l’ensemble des plateformes », souligne Arnaud Lagardère, Président-directeur général d’Hachette Livre.
Rappelons que le groupe Canal+, avec au moins 480 millions € investis entre 2025 et 2027, reste le principal financeur du 7e art, en France. Les investissements annuels du groupe étaient toutefois en baisse, puisqu’ils atteignaient en moyenne 220 millions € les années précédentes, relevait Libération.
En 2025, le groupe Canal+ affichait un chiffre d’affaires de 6,2 milliards €, pour un bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement de 542 millions €, en hausse. Cette même année, le groupe a fait l’acquisition de 34 % du réseau de salles UGC, avec une option pour une prise de contrôle potentielle en 2028 qui laisse augurer d’une emprise de plus en plus large sur le cinéma en France.
Les conglomérats en mode crossmédia
La stratégie crossmédia déployée par l’empire Bolloré ne lui est pas propre, puisque de nombreux conglomérats internationaux la mettent déjà en œuvre. Citons, du côté des États-Unis, Warner Bros., qui réunit en son sein des sociétés de production et des structures éditoriales, comme DC Comics, qui permettent de centraliser et de démultiplier les exploitations d’une même licence.
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En Asie, le groupe éditorial japonais Kōdansha a récemment annoncé l’ouverture de Kōdansha Studios, une entité dédiée à la production d’adaptations en prises de vue réelles de mangas et de romans. La directrice de la création, la réalisatrice et scénariste chinoise Chloé Zhao, envisage de multiplier les adaptations d’œuvres japonaises, en ciblant un public plus international.
Si cette concentration des opérations présente des avantages évidents pour les conglomérats, ses conséquences ne sont pas anodines pour le secteur audiovisuel. La multiplication des adaptations et déclinaisons autour des licences à succès peut ainsi s’accompagner d’une certaine uniformisation des productions.
Photographie : Les sièges d’une salle de cinéma, au Mk2 Odéon, à Paris (illustration, Max Sat, CC BY-NC-ND 4.0)
Par Antoine OuryContact : ao@actualitte.com
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