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Le réalisateur allemand Alexander Kluge est mort à 94 ans

Lion d’argent à Venise en 1966 pour “Anita G”, Lion d’or deux ans plus tard, ce metteur en scène méconnu, chef de file du nouveau cinéma allemand, était aussi une figure intellectuelle importante de son pays.

Alexander Kluge en 1971. ullstein bild via Getty Images

Par Marie-Hélène Chabert

Publié le 28 mars 2026 à 13h28

Mis à jour le 28 mars 2026 à 13h38

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Il était peu connu du grand public, contrairement à d’autres membres de la génération du nouveau cinéma allemand — Volker Schlöndorff, R.W. Fassbinder ou encore Werner Herzog. Le réalisateur Alexander Kluge est mort à 94 ans, le 25 mars, à Munich.Après une formation en musique sacrée, en droit et en philosophie (il fut l’élève de Theodor Adorno et l’ami de Jürgen Habermas, disparu le 14 mars dernier), il est assistant de Fritz Lang sur Le Tombeau hindou (1959).

Son premier long métrage, Anita G. (Abschied von gestern), avec sa propre sœur Alexandra dans le rôle-titre, remporte le Lion d’argent à Venise en 1966, premier film allemand à recevoir cette récompense depuis la fin de la guerre, et un des premiers issus du manifeste d’Oberhausen (1962). Ce texte, signé par vingt-six réalisateurs, appelait à la prise de pouvoir d’un nouveau cinéma allemand, libre dans sa forme et indépendant économiquement. En 1968, il obtient cette fois le Lion d’or, avec Les Artistes sous les chapiteaux : perplexes, film expérimental engagé qui peut être vu comme une métaphore du mouvement de Mai 68 qui agite l’Allemagne comme le reste de l’Europe.

Dans les années 1970, ses films sont ouvertement politiques, qu’il traite du terrorisme de la Fraction armée rouge et de ses effets sur l’État et la société (L’Allemagne en automne) ou de l’extrême droite (Le Candidat). S’il s’était éloigné du cinéma à partir du milieu des années 1980, il restait très présent sur la scène intellectuelle allemande, en tant que soutien aux artistes et penseurs de l’Allemagne réunifiée.

Prolifique, il aura touché à toutes les formes d’art : pionnier du cinéma expérimental d’après-guerre, nouvelliste, poète, romancier, producteur à succès pour le cinéma et la télévision, réalisateur d’une quarantaine de longs métrages, courts métrages, téléfilms et documentaires, il était aussi, avec Habermas, un des derniers représentants vivants de l’école de Francfort, fondée par Adorno et Horkheimer dans les années 1920. Pacifiste convaincu, il choqua par ses déclarations sur l’Ukraine lors d’une interview pour la radio en 2022 (« il n’y a rien de mal dans la capitulation si cela permet d’arrêter la guerre »).

La Cinémathèque française lui avait consacré une rétrospective en 2013. Il avait reçu les prix Georg-Büchner, Heinrich-Heine et Theodor-Adorno, trois des plus prestigieuses distinctions de son pays.


Source:

www.telerama.fr

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