Si vous vous posez la question : non, une tempête solaire d’ampleur ne prévoit pas de nous frapper dans l’immédiat et de mettre fin à toute vie sur Terre, à la manière du film Prédictions. La météo spatiale fait référence aux phénomènes engendrés par l’activité solaire, comprenant les taches, les éruptions solaires ou les éjections de masse coronale. Ces dernières sont provoquées par les tempêtes solaires et consistent en l’expulsion d’énormes quantités de plasma (gaz très chaud) magnétisé depuis la chromosphère, qui désigne la couche moyenne de l’atmosphère du Soleil exhibant une lueur rougeâtre. Les éjections de masse coronale se déplacent jusqu’à 3 000 kilomètres par seconde dans le vide spatial, comme l’indique le site officiel de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), agence américaine spécialisée dans les phénomènes météorologiques.
Malgré tout, des épisodes comme le fameux événement de Carrington en 1859 ayant mis à mal tout le système de communication télégraphique ou la déviation fortuite d’une éruption solaire majeure en 2012, soulèvent des interrogations sur la détection de telles tempêtes géomagnétiques.
Une éruption solaire est définie comme une éjection de plasma à la surface du Soleil, émettant un puissant champ magnétique et des particules chargées tels que des protons et des électrons. Ce flux particulaire, en se propageant dans le vide spatial, devient ce que l’on appelle le vent solaire. Ce dernier interagit constamment avec le champ magnétique terrestre, provoque des pannes occasionnelles des systèmes électriques et génère de somptueuses aurores boréales.
D’où l’importance de surveiller ces éruptions de plasma, notamment via des télescopes comme Parker Solar Probe, lancé en 2018, ou SOHO (Observatoire solaire et héliosphérique) depuis 1995.
Une recherche en phase de pré-publication a été présentée lors de la réunion nationale d’astronomie de la Royal Astronomical Society le 20 juillet 2026. Elle dévoile comment l’instrument MAGIC (MAGnétomètre de l’Imperial College) de la mission de démonstration HENON (Pionnier héliosphérique pour la défense contre les menaces solaires et interplanétaires) de l’Agence spatiale européenne pourrait mieux anticiper l’arrivée des tempêtes solaires, jusqu’à trois heures en avance.
Se rapprocher du Soleil
Cette mission, prévue pour début 2027, embarquera un nanosatellite de type CubeSat 12U XL, un petit satellite cubique mesurant environ 37×23×23 centimètres, soit un volume comparable à celui d’une petite valise cabine. Il sera notamment équipé de l’instrument britannique miniature MAGIC, qui sera en mesure de recueillir de précieuses données sur le champ magnétique solaire. « D’un point de vue purement technologique, cette mission est particulièrement intéressante, parce que cela sera la première fois que notre mini instrument MAGIC volera dans l’Espace et sera capable de mesurer le champ magnétique solaire interplanétaire », explique Jonathan Eastwood, professeur de physique spatiale à l’Imperial College de Londres et auteur principal de la future étude consacrée à la mission HENON, dans un communiqué.
Les instruments solaires actuels demeurant au point Lagrange L1, situé à 1,5 million de kilomètres de la Terre, ne permettent que d’émettre un signal d’alerte d’à peine 15 minutes précédant l’arrivée d’une tempête solaire. La mission HENON se positionnera ainsi à une distance plus proche du Soleil, à environ 15 millions de kilomètres de la planète Bleue afin de mieux anticiper les éruptions solaires, émettant une alerte de détection jusqu’à trois heures d’avance.
Malgré l’essor des modèles d’IA prédisant l’émergence des éruptions solaires quelques jours en avance, les mesures in-situ de l’intensité de ces tempêtes géomagnétiques s’avèrent plus fiables.
Impression d’artiste du satellite CubeSat 12U XL de la future mission test HENON. Crédit : ESA.
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De meilleures prévisions météorologiques spatiales
Mais la mesure du champ magnétique du vent solaire par la mission HENON ne sera pas exclusive. En effet, deux autres instruments sont développés par des scientifiques des universités de Turku (Finlande) et de Charles (République Tchèque), REPE (Relativistic Electron and Proton Experiment) et FCA (Faraday Cup Analyser). Ceux-ci seront chargés d’étudier les particules énergétiques et le plasma émis par l’héliosphère, désignant une immense bulle de gaz chaud engendrée par le vent solaire. Cette vaste région enveloppe et protège les planètes des rayonnements cosmiques extérieurs à notre Système Solaire.
Vidéo illustrant le rôle protecteur de l’héliosphère (bulle violette) autour du Système Solaire. La frontière de cette zone, l’héliopause, marque la limite entre le vent solaire et les rayonnements cosmiques extérieurs à la Galaxie. Crédit : Nasa.
Une surveillance accrue des tempêtes solaires permet donc une meilleure coordination entre les prévisions de la météo spatiale et les mesures d’action de sauvegarde du réseau électrique mondial. L’objectif d’HENON est de tester la capacité à mieux anticiper les effets délétères des tempêtes solaires sur les infrastructures stratégiques comme les satellites, les systèmes de communication et les transformateurs électriques.
« Le succès de la mission HENON constituerait un pas supplémentaire majeur dans la prévision des phénomènes relatifs à la météo spatiale. Elle permettra aussi de tracer la voie à une future mission spatiale opérationnelle dédiée exclusivement à la prévision météorologique via la mission Shield, développée actuellement par l’Agence spatiale européenne », conclut Jonathan Eastwood.
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Source:
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