- Advertisement - spot_imgspot_img
AccueilPolitiqueLe Sénat exclut temporairement la parlementaire Christine Herzog, soupçonnée de harcèlement et...

Le Sénat exclut temporairement la parlementaire Christine Herzog, soupçonnée de harcèlement et de détournement de fonds

Selon la décision consultée par l’AFP et paraphée par le président du Sénat, Gérard Larcher, l’élue sera interdite d’entrée au palais du Luxembourg pendant quinze jours de séance publique, et devra s’astreindre à une formation pour « mieux exercer ses fonctions d’employeur ».


Publié le 17/07/2026 14:47

Temps de lecture : 2min

Le Sénat, le 8 juillet 2026, à Paris. (QUENTIN DE GROEVE / HANS LUCAS / AFP)

C’est une décision rarissime : une « censure avec exclusion temporaire ». Le Sénat a décidé de sanctionner lourdement la parlementaire Christine Herzog (Union centriste), soupçonnée de détournement de fonds publics et de harcèlement. Le bureau de la Haute Assemblée a pris cette mesure à l’unanimité.

Selon la décision consultée par l’AFP et paraphée par le président du Sénat Gérard Larcher, la sénatrice de Moselle sera interdite d’entrée au palais du Luxembourg pendant quinze jours de séance publique, et devra s’astreindre à une formation pour « mieux exercer ses fonctions d’employeur ». Surtout, elle sera privée de l’essentiel de ses indemnités de parlementaire pendant six mois. Soit une perte de salaire totale d’environ 32 000 euros, calcule un responsable au Sénat.

Dans sa décision, le Sénat évoque un « harcèlement moral » caractérisé contre une collaboratrice, un « manquement d’une particulière gravité de la sénatrice au principe déontologique de dignité » et de « probité », pointe le Sénat dans sa décision. L’affaire fait suite à avec un signalement produit au début du printemps par cette collaboratrice, en arrêt-maladie depuis. Après une enquête disciplinaire et différentes auditions menées ces dernières semaines, le comité de déontologie du Sénat a identifié des faits allant bien au-delà du harcèlement.

La sénatrice « a laissé sciemment son compagnon exercer une autorité de fait sur ses collaborateurs parlementaires », pointe le bureau dans sa décision. Cet homme a été un temps le collaborateur parlementaire de la sénatrice et avait déjà fait l’objet, en 2022, de révélations de Marianne. L’hebdomadaire l’accusait notamment d’avoir usé des ressources du Sénat pour « récolter des parrainages » pour François Asselineau, président de l’Union populaire républicaine (UPR), en vue de la présidentielle.

La procédure disciplinaire du Sénat révèle d’ailleurs aussi que cet homme a « bénéficié des moyens du Sénat » pour collecter « des parrainages électoraux » dans le passé. Son contrat de travail avait pris fin en 2022 en raison de l’impossibilité pour un parlementaire d’embaucher son conjoint. Mais il est soupçonné d’avoir continué, ces derniers mois, de graviter autour du cabinet de Christine Herzog, au point de créer, entre autres, une « surcharge de travail » pesant sur une collaboratrice.

Cette dernière a notamment été sommée de travailler à la rédaction d’un livre d’histoire, subissant une « dégradation durable de ses conditions de travail susceptible d’altérer sa santé », selon le bureau. « L’implication directe » de Christine Herzog dans cette organisation est aussi établie, ajoute la plus haute instance du Sénat, qui déplore « un manquement grave au principe de probité ». Sollicitée par l’AFP depuis jeudi soir, la sénatrice n’avait pas donné suite vendredi matin.


Source:

www.franceinfo.fr

Annonce publicitairespot_img

Derniers articles

Annonce publicitairespot_img