Le gouvernement veut faire adopter un maximum de textes. Une stratégie de compromis qui a permis de faire avancer plusieurs réformes, mais qui a aussi mis à rude épreuve le bloc central.
Publié le 21/07/2026 07:55
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À quelques heures de la suspension des travaux parlementaires, jeudi 21 juillet au soir, le gouvernement veut boucler un maximum de lois. Pas moins de cinq textes sont soumis à un vote définitif à l’Assemblée nationale et au Sénat. Parmi eux, le projet de loi d’urgence agricole, adopté mercredi soir à l’Assemblée malgré de nouvelles divisions au sein du bloc central sur la question des pesticides, et qui doit être validé jeudi par les sénateurs. Figurent également la loi Ripost portée par le ministre de l’Intérieur, avec sa mesure très controversée sur l’usage des armes par les forces de l’ordre, ainsi que la loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans.
En cette fin de session, le gouvernement se félicite d’avoir tenu son pari : faire avancer les dossiers et faire voter des lois. Plus de 42 textes ont été votés et promulgués, selon la porte-parole du gouvernement, Maud Brégeon. « La stratégie des petits pas méthodiques de Sébastien Lecornu a fonctionné », se félicite-t-elle, en réponse à ceux qui prédisaient, au début de l’année, une année d’immobilisme. Cette stratégie repose sur un Premier ministre « moine soldat », qui lance des textes ciblés et envoie ses ministres « fantassins » au front auprès des parlementaires pour désamorcer un maximum de pièges avant l’examen des lois dans les hémicycles.
Cette méthode conduit parfois le gouvernement à revoir sa copie, quitte à renoncer à certaines mesures emblématiques. C’est ce qui s’est produit avec la loi sur la justice criminelle : Gérald Darmanin a retiré sa mesure phare sur le plaider-coupable criminel afin d’éviter que le texte ne capote. Une source ministérielle relativise toutefois ces concessions : « le Premier ministre avait dit aux élus : ‘nous proposerons, vous trancherez’, c’est bien ce qui se passe ! »
Cette stratégie a aussi contraint les députés Renaissance et du MoDem à « avaler des couleuvres ». L’exemple le plus marquant reste la loi Simplification : les macronistes ont été priés de voter le texte malgré la suppression des zones à faibles émissions, un ajout du Rassemblement national et de la droite. C’est finalement le Conseil constitutionnel qui a censuré cette disposition.
Le gouvernement entend poursuivre cette politique des « petits pas » à l’automne. Plusieurs textes sont déjà annoncés, notamment sur les ingérences étrangères ainsi que sur la lutte contre l’antisémitisme et le racisme. Mais les débats risquent de se cristalliser autour du budget, le dernier du second quinquennat d’Emmanuel Macron, en pleine campagne présidentielle. Chaque camp devrait alors jouer sa propre partition.
À Bercy, on assure que des contacts existent avec les socialistes. Mais reproduire l’accord de non-censure de l’an dernier paraît loin d’être acquis. Le ministre chargé des Relations avec le Parlement se dit « optimiste, mais pas naïf ». Une chose est sûre : l’automne parlementaire s’annonce particulièrement animé.
Source:
www.franceinfo.fr






