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Ce qui se joue dans l’océan Indien pourrait rendre le retour d’El Niño encore plus préoccupant, révèle une étude

Le retour du phénomène naturel El Niño au cours des prochaines semaines ne cesse de faire parler. La phase El Niño, qui se caractérise par une température anormalement élevée dans l’océan Pacifique équatorial, a des impacts importants sur la météo du monde entier.

Au niveau global, El Niño provoque un réchauffement supplémentaire, en plus de celui lié à l’activité humaine. Lors du dernier épisode El Niño, en 2023-2024, la hausse des températures sur Terre a dépassé toutes les prévisions des climatologues (de 0,3 °C), même les plus pessimistes. Ces deux années ont alors été les plus chaudes enregistrées depuis le début des relevés météo de 1850.

La plupart des grands organismes scientifiques se sont accordés sur le fait que le réchauffement climatique lié aux émissions de gaz à effet de serre et le phénomène El Niño ne suffisaient pas à totalement expliquer l’accélération soudaine de la hausse des températures mondiales. Il y a eu « quelque chose en plus », et de nombreuses hypothèses ont été émises.


El Niño 2026 accélère anormalement : vers un épisode extrême aux conséquences globales

Les signes d’un super El Niño sont de plus en plus évidents : dans la zone équatoriale de l’océan Pacifique, le réchauffement de l’eau en profondeur est exceptionnel en avril 2026, et cela ne va pas tarder à atteindre la surface d’ici quelques semaines. Quelles régions du monde sont les plus à risque de forte chaleur si l’on se fie à ce qui s’était passé lors du précédent super El Niño ?… Lire la suite

Ce n’est pas une nouveauté, il y a d’autres phases climatiques naturelles qui impactent l’évolution du climat, même si leur impact est moins fort que le cycle Enso (El Niño et La Niña) : l’oscillation nord-atlantique, le mode annulaire austral ou le dipôle de l’océan Indien.

Dans une nouvelle étude, publiée le 6 mai 2026 dans la revue Earth System Dynamics, des chercheurs de l’Université du Maryland expliquent que le dipôle de l’océan Indien (IOD) aurait en fait un effet beaucoup plus fort que ce que l’on pensait sur la chaleur mondiale. Une partie du réchauffement spectaculaire de 2023 et 2024 pourrait donc être liée à cette phase.

Ce qui se passe dans l’océan Indien est assez similaire à ce qui se produit dans le Pacifique. L’océan Indien peut être séparé en deux zones : l’ouest (vers l’Afrique) et l’est (vers l’Indonésie et l’Australie). En phase positive, l’eau est plus chaude à l’ouest et plus froide à l’est, et en phase négative l’eau est plus chaude à l’est et plus froide à l’ouest. Cela affecte directement les précipitations qui tombent sur les pays avoisinants.

dipole ocean indien
Le dipôle de l’océan Indien en phase négative. © NOAA

Le dipôle de l’océan Indien a parfois un effet quasiment aussi fort qu’El Niño

Grâce à un nouveau modèle de prévision climatique, les chercheurs estiment qu’ils ont réussi à expliquer 93 % de l’anomalie de température en 2023 et 92 % en 2024. En retirant l’effet du dipôle de l’océan Indien des calculs des modèles, les chercheurs annoncent que seulement 69 % du pic de chaleur de 2023 a pu être expliqué et 77 % en 2024.

Le dipôle de l’océan Indien aurait donc un effet notable sur le réchauffement de ces deux années. Comment expliquer que les précédentes études soient passées à côté des conséquences réelles du dipôle ? Cette phase de l’océan Indien n’a été découverte qu’en 1999. Cela fait donc juste une vingtaine d’années que les scientifiques s’y intéressent et les raisons du déclenchement des différentes phases du dipôle n’ont commencé à être comprises qu’à partir de 2010. De plus, l’océan Indien est considéré comme un « petit » océan, l’impact du dipôle était donc perçu comme faible au niveau mondial. 

Le dipôle de l’océan Indien a-t-il un effet aussi fort qu’El Niño sur le climat mondial ? Selon les calculs du modèle climatique, le dipôle a influencé les températures mondiales de 2023 quasiment autant qu’El Niño. En 2024, son effet a été plus faible : il a eu un impact qui correspond à près de la moitié de celui d’El Niño. 

Le dipôle de l’océan Indien est en quelque sorte un « El Niño indien », qui doit être autant surveillé que son homologue du Pacifique.

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L’évolution du réchauffement climatique mondial de 1850 à 2025, avec les pics de 2024 et 2023. © University of Reading

En 2026, tout converge dans le même sens

Les conséquences de ces phases naturelles se sont ajoutées à celles des émissions de gaz à effet de serre issues des activités humaines, qui ont eu un rôle majeur. À cela s’est aussi rajouté l’impact qualifié de faible, mais existant, de la nouvelle réglementation en matière de pollution du secteur maritime. En réduisant leur pollution, les grands navires ont permis au ciel de se dégager, et donc de laisser entrer davantage de rayonnement solaire, ce qui a provoqué un rebond du réchauffement.

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En 2026, le retour d’El Niño est bien confirmé, mais qu’en est-il du dipôle de l’océan Indien ? Les prévisions actuelles suggèrent le retour d’une phase positive en 2026, ce qui pourrait potentiellement ajouter un réchauffement supplémentaire. Tout semble donc converger vers une chaleur mondiale exceptionnelle : une hausse record des émissions de dioxyde de carbone en début d’année, le retour d’El Niño et une phase positive dans l’océan Indien.


Source:

www.futura-sciences.com

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