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À Monaco, dans le quartier "le plus cher du monde", un 4-pièces se vend 60 millions d'euros: Mareterra attire pilotes de F1, magnats de l'énergie et fortunes douteuses (au point d'inciter la principauté à siffler la fin de la récré)

À Monaco, le quartier le plus cher du monde attire une clientèle de luxe à la fortune parfois louche. Une fuite de documents révèle les coulisses des transactions qui s’y opèrent et la manière dont la principauté tente de lutter contre les investissements abreuvés d’argent sale.

C’est un écrin de luxe dans l’une des villes les plus prestigieuses au monde. Inauguré fin 2024, le quartier résidentiel de Mareterra construit sur six hectares gagnés sur la Méditerranée est déjà considéré comme l’une des adresses les plus exclusives de la planète. Situées à dix minutes à pied du célèbre casino de Monte-Carlo et en surplomb du circuit de Formule 1, ses 114 propriétés mises en vente dès 2017 alors que les travaux étaient encore en cours se sont vendues entre 16 et 500 millions d’euros. Certains logements de 4 pièces se vendent 60 millions d’euros dans ce quartier.

Le média Bloomberg Businessweek a mis la main sur une série de courriels, actes préliminaires et documents notariés couvrant les premières années de vente, de 2017 à mi-2022. Ces pièces, issues d’une fuite analysée par l’organisation Distributed Denial of Secrets, permettent de reconstituer les rouages d’un marché immobilier d’une opacité rare.

Aucun élément ne suggère que le promoteur ou les acheteurs cités aient commis d’actes illicites. Mais ces documents racontent les coulisses du marché de l’immobilier de luxe et la manière dont Monaco cherche à lutter contre les transactions abreuvées d’argent sale.

Des fortunes louches accrochées à leur rocher

Bloomberg révèle que les candidats à l’achat, parmi lesquels figurent le pilote de Formule 1 Max Verstappen, le milliardaire britannique Jim Ratcliffe ou le magnat ukrainien Rinat Akhmetov devaient être validés personnellement par Patrice Pastor. Cette figure centrale de l’immobilier monégasque est l’instigateur du projet. Ainsi, des entretiens personnels avec les acquéreurs potentiels ont été organisés, afin de recruter les meilleurs profils pour le quartier.

Car Monaco attire les magnats, stars de cinéma et autres légendes du sport… mais aussi quelques individus moins recommandables dont la fortune ne peut pas toujours être retracée.

En juin 2024, six mois seulement avant l’ouverture de Mareterra, la principauté a d’ailleurs été ajoutée à la « liste grise » du groupe d’action financière (GAFI), un organisme international créé par le G7 pour surveiller les marchés financiers. D’autres États jugés insuffisamment vigilants en matière de lutte contre l’argent sale, comme la Syrie, le Venezuela et le Yémen, figurent à ses côtés.

Principauté de Monaco, Monaco : l’immeuble résidentiel Le Renzo, symbole d’architecture contemporaine, s’élève au cœur de Mareterra. Ce nouveau quartier, gagné sur la mer, a été inauguré en décembre 2024. © CEGALERBA-SZWEMBERG

Investissements douteux

Bloomberg s’attarde notamment sur plusieurs cas d’investissements russes massifs et douteux. Parmi eux, celui de Valeriy Votinov, fils d’Andrey, un ancien cadre du géant pétrolier Rosneft. En 2018, alors âgé de 21 ans, le jeune homme a proposé plus de 500 millions d’euros pour l’acquisition de neuf propriétés à Mareterra.

À ce moment-là, son père, Andrey, luttait contre son extradition du Royaume-Uni vers la Russie, où il était accusé de détournement de fonds – la demande de la Russie a été rejetée, précise Bloomberg, les tribunaux britanniques estimant que l’accusé risquait de ne pas bénéficier d’un procès équitable.

Trois ans plus tard, son fils finalisait l’achat d’une villa baptisée « Dream Catcher » pour 135 millions d’euros supplémentaires, avec discothèque au sous-sol et garage pour dix voitures inclus. Pourtant, à son départ de Rosneft en 2014 après vingt ans de carrière, son père ne détenait plus qu’une participation valorisée à environ un million de dollars. Un élément qui laisse planer le doute sur l’origine de la fortune de son fils.

Monaco veut siffler la fin de la récré

La question de la traçabilité des fonds a fini par rattraper la principauté. Après son inscription sur la liste grise du GAFI, le prince Albert II a remanié son gouvernement, renforcé la réglementation et créé l’Autorité Monégasque de Sécurité Financière.

« Nous n’avons peut-être pas été suffisamment vigilants par le passé », a reconnu Pierre-André Chiappori, ministre des Finances jusqu’à récemment, interrogé par Bloomberg.

Quatre secteurs ont été ciblés comme vecteurs potentiels de blanchiment: le yachting, les agents sportifs, les banques privées et… l’immobilier.

Revers de la médaille: ouvrir un compte bancaire dans la principauté serait devenu, selon les professionnels du secteur interrogés par le média américain, « un véritable parcours du combattant ». Monaco a reculé de dix places dans le classement Barnes des villes les plus attractives pour les ultra-riches, se retrouvant au 14e rang.

Pour Pierre-André Chiappori, les restrictions renforcées sont là pour durer, quelles qu’en soient les conséquences commerciales. « Le coût d’une atteinte à notre image serait bien supérieur aux bénéfices de la vente d’un appartement de luxe », tranche Chiappori.


Source:

www.bfmtv.com

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