Dans un message d’hommage, les membres du groupement Bande Dessinée du SNAC ont salué « l’un des leurs », rappelant son rôle central au sein du syndicat.
« Jean-Benoît laisse une œuvre engagée, dans laquelle il avait à cœur de partager à travers ses histoires, son sens critique aigu, en ramenant toujours aux faits et à la science », écrivent-ils, évoquant également « ses valeurs humanistes et sa grande ouverture d’esprit envers le monde et autrui ».
Un parcours tardif mais affirmé en bande dessinée
Formé initialement comme graphiste, Jean-Benoît Meybeck décide au tournant des années 2010 de se consacrer pleinement à la bande dessinée, renouant avec une vocation première. Il ouvre alors un blog où il publie ses travaux, avant d’être remarqué en 2012 lors du concours Jeunes Talents du Festival d’Angoulême.
Ses premières œuvres s’inscrivent dans une veine documentaire et sociétale. Avec CRA : Centre de rétention administrative (2014), il aborde la question des migrants et des centres de rétention. Suivront des albums traitant de sujets sensibles comme l’endoctrinement jihadiste (Citra et Chamira : Quand j’étais jihadiste, 2021) ou encore des thématiques liées aux croyances et aux pratiques alternatives.
Parallèlement, il développe des univers plus fictionnels, notamment avec la série CosmoBacchus, dont plusieurs tomes paraissent entre 2018 et 2020, avant une intégrale en 2022. Son parcours éditorial le conduit ainsi à collaborer avec plusieurs maisons indépendantes – Des ronds dans l’O, La Boîte à Pandore, Eidola ou encore La Boîte à bulles , qui accompagnent une œuvre à la fois engagée, expérimentale et soucieuse de transmission.
Une ambition : raconter l’histoire des idées
Dans ses dernières années, Meybeck s’engage dans un projet ambitieux consacré à l’histoire des idées scientifiques. En collaboration avec l’enseignant en épistémologie Pascal Marchand, il lance la série Épistémè. Le premier tome, Eurêka (2023), explore l’Antiquité grecque, tandis qu’un second volume, Azimut, devait paraître en 2026 et s’intéresser au monde arabo-musulman et au Moyen Âge occidental.
Ce travail illustre une constante dans son œuvre : rendre accessibles des sujets complexes tout en conservant une rigueur intellectuelle et une dimension critique.
Au-delà de ses publications, Jean-Benoît Meybeck était également très investi dans la défense des auteurs. Engagé dans le Collectif AAA (Autrices Auteurs en Action) en 2020, il rejoint ensuite le comité de pilotage du groupement Bande Dessinée du SNAC, dont il devient l’un des membres les plus actifs.
Ses collègues saluent un homme profondément engagé : « Toujours porteur d’un élan militant sincère et éthique, à l’image de l’homme d’action et de lutte qu’il était. » Ils rendent également hommage à sa personnalité, « très active et joyeuse ».
Les membres du SNAC BD concluent sur une note personnelle : « Jean-Benoît, cher JB, tu nous manques déjà beaucoup, nous n’oublierons pas la force de ton engagement. » Il laisse derrière lui son épouse, Mariam, et leurs enfants, Rose et Pierre.
Crédits photo : Jean-Benoît Meybeck (SNAC)
Par Hocine BouhadjeraContact : hb@actualitte.com
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