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Et si vous payiez moins d’impôts en gagnant plus ? Cette réforme intrigue les économistes

Le débat fiscal tourne presque toujours autour du même axe : faut-il taxer davantage les hauts revenus ? Pourtant, une approche radicalement différente existe, et elle gagne du terrain dans la littérature économique. Taxer la consommation plutôt que les revenus, avec une progressivité maintenue, pourrait, selon certains travaux récents, à la fois stimuler la croissance et mieux protéger les ménages modestes. Une piste sérieuse, à condition d’en comprendre les mécanismes réels.

L’impôt sur le revenu : un frein invisible à la productivité

L’impôt progressif sur le revenu repose sur une logique simple : plus on gagne, plus on contribue. Sur le papier, c’est équitable. En commode, il produit un effet pervers peu visible dans les statistiques annuelles mais massif sur le long terme.

Quand le taux marginal d’imposition monte fortement les années les plus productives de la vie active, certains contribuables arbitrent différemment. Ils réduisent leur effort ou leur temps de travail, précisément quand ils pourraient être les plus efficaces. Ce phénomène décourage aussi l’épargne : pourquoi mettre de côté des revenus déjà lourdement taxés ?


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Or les individus ne vivent pas une année à la fois. Ils lissent leurs dépenses sur l’ensemble de leur vie, gagnant peu en début de carrière et davantage ensuite. Un système fiscal calqué sur l’année fiscale ignore cette réalité et crée des distorsions artificielles.

Les économistes Carlos da Costa et Marcelo R. Santos ont modélisé ces effets sur le cycle de vie des ménages. Leur analyse montre qu’une taxation basée sur la consommation progressive réduirait ces distorsions tout en maintenant une redistribution comparable à celle de l’impôt sur le revenu.

fiscalite impots
Taxer le revenu ou taxer la consommation ? Quel système fiscal est le plus équitable ? © Gwengoat, iStock

Taxer les dépenses : une alternative progressive, pas régressive

L’objection la plus fréquente est immédiate : taxer la consommation, c’est frapper plus durement les ménages modestes qui dépensent tout ce qu’ils gagnent. C’est vrai pour une flat tax sur les achats, comme une TVA uniforme. Mais ce n’est pas le modèle dont il est question ici.

Tableau de Pieter Brueghel le jeune (ou son atelier), daté de 1617 environ : le paiement de l'impôt au village. © Photographie Bonhams, domaine public.

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Un impôt progressif sur la consommation fonctionne différemment :

Il taxe ce qu’on dépense effectivement, pas ce qu’on perçoit.Quelqu’un qui gagne 70 000 € mais épargne 25 000 € paie moins que quelqu’un qui gagne 50 000 € et dépense tout.Les ménages qui consomment davantage sont plus taxés, ce qui préserve la logique redistributive.

L’effet macroéconomique est notable, inciter à l’épargne augmente les fonds disponibles pour l’investissement productif. Plus d’investissement, c’est plus de productivité, et à terme, des salaires plus élevés. Ce sont précisément les salariés, pas les détenteurs de capital, qui en bénéficient le plus.

Marais salants de Guérande, Loire Atlantique, France. © DreanA, Adobe Stock

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Les chercheurs estiment que ce basculement pourrait équivaloir à une hausse permanente de 10 % du niveau de vie, via la hausse des salaires et une meilleure protection face aux fluctuations de revenus.

Faut-il tout réformer en profondeur pour y arriver ? Pas nécessairement. Une piste concrète existe : le lissage du revenu. Plutôt que de taxer les revenus d’une seule année, on calcule une moyenne sur plusieurs années, proxy fidèle des dépenses réelles puisque les gens lissent naturellement leur consommation. Les données existent déjà dans les registres de sécurité sociale. Aucune nouvelle bureaucratie n’est requise.

Repenser non pas le montant de l’impôt, mais sa base de calcul, ouvre une voie que les systèmes fiscaux des économies avancées, confrontés au vieillissement démographique, à la stagnation de la productivité et aux déficits croissants, auraient tort d’ignorer.

 


Source:

www.futura-sciences.com

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