Les dirigeants libanais ont accusé Israël, jeudi 23 avril, d’avoir perpétré un « crime de guerre » après la mort d’une journaliste dans une frappe aérienne. Amal Khalil, 42 ans, journaliste du quotidien Al-Akhbar, a été tuée, mercredi, et sa collègue indépendante Zeinab Faraj, blessée, dans cette frappe dans le sud du Liban, où les forces israéliennes occupent plusieurs régions. Mme Khalil avait couvert les différentes guerres dans cette région pour le journal Al-Akhbar, proche du Hezbollah, fait savoir l’Agence France-Presse.
« Israël cible délibérément les journalistes dans le but de cacher la vérité sur ses crimes contre le Liban », a affirmé le président libanais, Joseph Aoun, dénonçant « des crimes de guerre ». Le premier ministre libanais, Nawaf Salam, a estimé lui aussi que « cibler des journalistes et entraver l’accès des équipes de secours constitue un crime de guerre », assurant que son pays poursuivra l’affaire devant les instances internationales.
Les deux journalistes s’étaient réfugiées dans une maison du village d’Al-Tiri, après qu’une frappe israélienne a visé une voiture qui les précédait, selon l’Agence nationale de l’information (officielle). Les deux occupants du véhicule, le maire de la ville voisine de Bint Jbeil, occupée par Israël, et un homme qui l’accompagnait, ont été tués, a précisé la même source.
Une frappe israélienne a ensuite visé la maison où s’étaient réfugiées les deux journalistes. Les secours ont évacué dans un premier temps la journaliste blessée, avant que « des tirs israéliens visent l’ambulance », selon le ministère de la santé libanais.
Démenti de l’armée israélienne
Les autorités libanaises ont dû parlementer avec les Casques bleus déployés dans le sud du Liban, et il a fallu plusieurs heures avant que les secouristes puissent à nouveau accéder au secteur pour retirer des décombres le corps de l’autre journaliste. Le ministère de la santé a, jeudi, accusé Israël d’avoir « entravé les opérations de sauvetage » et « visé une ambulance portant clairement le signe de la Croix-Rouge ».
L’armée israélienne a, de son côté, affirmé avoir frappé dans le secteur d’Al-Tiri deux véhicules à bord desquels se trouvaient des « terroristes », qui avaient « franchi la ligne de défense avancée » de ses troupes dans le sud du Liban. En effet, Israël dit avoir tracé une « ligne jaune », ou ligne de défense avancée en profondeur dans le sud du Liban, où ses troupes sont entrées, et interdit aux habitants d’y retourner. L’armée israélienne a démenti avoir « empêché les équipes de secours d’accéder à la zone » et affirmé que l’incident était « en cours d’examen ».
Le 28 mars, trois journalistes avaient été tués dans une frappe israélienne dans le sud du Liban et des experts de l’Organisation des Nations unies avaient réclamé une enquête internationale.
Source:
www.lemonde.fr





