Publié le 20/04/2026 14:41
Mis à jour le 20/04/2026 14:41
Temps de lecture : 4min – vidéo : 9min
Elon Musk se rendra-t-il à la convocation de la justice française à Paris ce lundi 20 avril, pour répondre aux accusations visant la gestion de son réseau social, X, anciennement Twitter ? Le milliardaire a « trop peur de ne pas ressortir libre », estime le journaliste Jacques Henno, l’invité du « 11h/13h ».
Invité du « 11/13 », le journaliste Jacques Henno, spécialiste des nouvelles technologies et docteur en sciences de l’information et de la communication, auteur de Pourquoi vos enfants devraient quitter les réseaux sociaux aux éditions Télémaque, revient sur l’audition d’Elon Musk. Le patron de X est convoqué ce lundi 20 avril devant la justice française pour des propos négationnistes diffusés par Grok, l’intelligence artificielle générative de son réseau social, ou encore des photos de femmes dénudées à leur insu par l’IA. Que peut-on attendre de ce rendez-vous, et que risquent les grandes plateformes qui manqueraient à leur devoir de modération ?
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Flore Maréchal : Pour l’instant, nous n’avons aucune information sur le lieu ou l’horaire de la convocation d’Elon Musk, mais qu’il vienne ou non, la justice va poursuivre ses investigations. Elle sert à quoi cette audition, finalement ? C’est juste pour poser la question de la responsabilité de ces plateformes, ces géants américains ?
C’est pour effectivement savoir ce qu’il s’est passé, comment est-ce qu’on est arrivé à avoir sur X une atteinte à la représentation de la personne, donc, les fameuses personnes dénudées par l’intelligence artificielle, la contestation de crimes contre l’humanité, le racisme, etc. L’Administration d’une plateforme en ligne illicite en mode organisé, le traitement de données personnelles par la plateforme X. Ils sont accusés d’avoir utilisé des données sensibles, la religion, l’orientation sexuelle, pour envoyer des publicités ciblées aux utilisateurs de X. Complicité de détention d’images de mineurs représentant un caractère pédopornographique et complicité de diffusion de ces mêmes images. Donc ça fait quand même beaucoup de choses pour un seul réseau social et c’est intéressant de voir ce qu’ils vont dire pour leur défense et quelles vont être les conséquences. Surtout, ils risquent quand même assez gros, ça peut aller jusqu’à 6 % de leur chiffre d’affaires.
Qu’est-ce qu’ils risquent, justement ? Parce qu’on a tendance à penser que l’on est impuissants pour réguler ces géants américains, ces grandes plateformes, assez inatteignables. En l’occurrence, Elon Musk, on le disait, normalement aurait dû être à Paris. Pour l’instant, aucune information ne nous dit s’il est présent ou non. Est-ce que, finalement, l’idée, c’est aussi en dehors de la sanction, d’envoyer un message aux autres plateformes ?
Les messages aux autres plateformes se multiplient depuis quelques semaines. Nous avons eu des procès aux États-Unis qui ont été gagnés par les plaignants et qui ont reconnu effectivement que des plateformes comme Instagram ou YouTube étaient tout à fait au courant que les contenus qu’ils poussaient à travers leurs algorithmes pouvaient être nuisibles pour les adolescents, et donc ils ont été condamnés. Des montants semblent importants dans l’absolu. C’est six millions de dollars, mais par rapport au chiffre d’affaires d’une plateforme comme Meta, qui est propriétaire d’Instagram, c’est un millième. Donc là, en France, en Europe, les conséquences financières, en tout cas, pourraient être beaucoup plus importantes, puisque s’ils sont reconnus coupables de ne pas avoir réagi à une plainte de quelqu’un, ça peut aller jusqu’à, je le disais, 6 % de leur chiffre d’affaires mondial.
Je vais vous poser cette question de notre puissance ou non face à ces plateformes, et notamment la puissance de la justice française. Elon Musk a reçu le soutien du fondateur de la messagerie Telegram, Pavel Durov, que je cite : « La France de Macron perd en légitimité en instrumentalisant les enquêtes pénales pour réprimer la liberté d’expression et la vie privée. » On a l’impression d’être vraiment David contre Goliath.
Le patron de Telegram a commencé à être un peu plus coopératif avec les autorités françaises une fois qu’il a été arrêté et emprisonné. Je fais le pari, comme beaucoup de personnes, qu’on ne verra pas Elon Musk en France, il a trop peur, même si c’est une audition libre, de ne pas ressortir libre de cette audition.
Cliquez sur la vidéo pour regarder l’entretien en intégralité.
Source:
www.franceinfo.fr





