Venise est l’une des villes les plus admirées au monde, mais aussi l’une des plus impactées par le dérèglement climatique. Chaque année, la mer monte un peu plus, les sols s’affaissent davantage et les inondations deviennent plus fréquentes.
Depuis 2022, le système de barrières mobiles MoSE verrouille les trois entrées de la lagune en cas de crue ou de tempête, mais ce dispositif risque d’être insuffisant sur la durée.
Dans l’étude parue dans la revue Nature, une équipe de chercheurs européens et britanniques propose quatre stratégies d’adaptation à long terme face à la montée des eaux.
1. La lagune ouverte
Première possibilité, la lagune reste ouverte, c’est-à-dire telle qu’elle est actuellement et le système de barrières mobiles est renforcé pour réduire les risques d’inondation. Sur le papier, cette stratégie préservera l’écosystème lagunaire, le patrimoine monumental et culturel, les activités économiques et le bien-être des résidents. Le problème, c’est qu’il faudra augmenter la fréquence et la durée des fermetures à mesure que le niveau de la mer augmentera.
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D’après les chercheurs, cela aura pour effet de rendre peu à peu moins efficace la protection apportée aux monuments, tout en limitant les opérations portuaires et en dégradant les écosystèmes lagunaires.
2. Les digues annulaires
Cette deuxième solution propose d’entourer Venise de digues annulaires pour isoler le centre historique du reste de la lagune. La ville serait protégée de la hausse du niveau de la mer, mais son lien physique et symbolique avec l’eau serait profondément modifié. Le paysage changerait et l’attrait pour Venise pourrait être affecté.
Par ailleurs, les transports publics et commerciaux, l’emplacement du port et son organisation devraient être entièrement repensés.
À terme, Venise pourrait être engloutie par la montée des eaux. © Le Monde, YouTube
3. La lagune fermée
Avec cette troisième option, la lagune deviendrait un lac côtier protégé en permanence par des barrages surélevés. Cette stratégie préservera efficacement le patrimoine monumental de la ville, les zones résidentielles et les activités touristiques, mais en sacrifiant les paysages et l’écosystème naturel de la lagune.
Venise perdait ainsi le contexte environnemental qui l’a historiquement façonnée.
4. Le repli stratégique
C’est l’hypothèse la plus extrême. En cas de submersion totale de la ville, et comme cela est d’ores et déjà envisagé ailleurs dans le monde, les monuments les plus emblématiques pourraient être démontés, puis réassemblés sur de nouveaux sites plus élevés. Cette opération de relocalisation planifiée entraînera la perte du tissu urbain historique, des modes de vie traditionnels et de la plupart des activités économiques.

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Les chercheurs précisent que ce repli stratégique est probable avant la fin du XXIVe siècle si les émissions de gaz à effet de serre restent très élevées.
Des décisions difficiles à prendre
En réalité, aucune de ces solutions n’apporte une réponse parfaite. Sauver les monuments ne permettra pas forcément de sauver la lagune. Préserver l’activité économique ne garantira pas le maintien du cadre de vie.
Pour Venise, c’est donc l’heure des décisions difficiles à prendre. D’autant qu’il faut agir vite, ce qui nécessite de faire des choix rapidement. Pour toutes les stratégies proposées, les grands travaux envisagés exigeront des décennies de préparation.
Une chose est malheureusement certaine. L’abandon partiel, voire même total, de Venise pourrait devenir une réalité dans les prochains siècles si l’élévation du niveau des mers est trop importante.
Source:
www.futura-sciences.com





