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Soudan du Sud: l'insécurité humanitaire grandit pour les réfugiés soudanais faute de financement

Alors que la guerre au Soudan est entrée dans sa quatrième année ce 15 avril 2026, les réfugiés soudanais ayant fui vers les pays voisins font face à de grandes difficultés. Des difficultés démultipliées par la baisse drastique de l’aide étrangère des États-Unis début 2025. Sur les 4,5 millions de Soudanais ayant fui et franchi les frontières du Soudan, 439 366 se sont réfugiés au Soudan du Sud selon le Haut commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR). L’un des camps qui les accueille est celui de Gorom, près de Juba, la capitale sud-soudanaise. Plus de 20 000 réfugiés soudanais y résident, dans des conditions de plus en plus précaires.

Publié le : 19/04/2026 – 00:23


2 min Temps de lecture

Avec notre envoyée spéciale de retour de Gorom, Florence Miettaux

Une cinquantaine de femmes sont assises à l’ombre d’un arbre, serrées les unes contre les autres, à même le sol, juste à l’entrée du camp de Gorom au Soudan du Sud. Elles attendent la distribution mensuelle d’argent liquide, environ 10 dollars par personne. Une aide dont les bénéficiaires sont désormais scrupuleusement sélectionnés, tant les fonds manquent, nous explique Maker Deng, représentant du Haut commissariat des Nations unies (HCR) à Gorom.

« Nous faisons face à des problèmes pratiquement tous les jours, mais nous ne pouvons quasiment rien faire à cause des coupes budgétaires. Nous limitons notre assistance aux plus vulnérables ».

Coupes budgétaires aux effets catastrophiques

Depuis la coupe des financements humanitaires début 2025, tous les services du camp s’effondrent. Initialement conçue pour 400 élèves, l’école du camp en accueille aujourd’hui 4 000 et il n’y a pas d’argent pour payer assez d’enseignants. La santé est un autre secteur dévasté, selon Maker Deng.

« Des réfugiés meurent au centre de santé primaire de Gorom car nous ne pouvons pas les transférer à l’Hôpital universitaire de Juba. Les médecins qualifiés qui travaillaient ici à Gorom sont partis car les salaires sont maintenant trop bas. Le suivi anténatal n’est plus offert, et les accouchements qui avaient lieu ici ne sont plus possibles car il n’y a plus de sage-femmes. Les coupes budgétaires ont eu un impact terrible pour les réfugiés ».

Selon le responsable, le financement de l’autonomie économique des réfugiés, comme les micro-crédits ou les formations, a été entièrement stoppé. Ce qui pousse certains habitants de Gorom à s’aventurer dans les mines d’or artisanales du sud de Juba, des zones où leur sécurité n’est pas garantie.

À écouter aussi«Nous n’avons aucune nouvelle»: à Gorom, au Soudan du Sud, l’inquiétude des proches de disparus d’El-Fasher


Source:

www.rfi.fr

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