De façon unanime, ses pairs et les professionnels du 7e art se souviennent d’une comédienne qui s’est imposée dans tous les registres, « du cinéma d’auteur aux comédies populaires » et qui « était proche des gens ».
Publié le 18/04/2026 21:53
Mis à jour le 18/04/2026 22:53
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La disparition de Nathalie Baye, à l’âge de 77 ans, a suscité de vibrants hommages et d’émouvants témoignages dans le monde du cinéma. « Elle abordait les personnages (…) avec beaucoup de franchise », a réagi la cinéaste Nicole Garcia sur les antennes de France Télévisions. « C’est ça qui fait qu’elle était proche des gens et qu’elle est si populaire ». La réalisatrice avait croisé le chemin de Nathalie Baye dès le Conservatoire et l’avait ensuite dirigée plusieurs fois, notamment dans Un Week-end sur deux (1990).
Dominique Besnehard, qui fut son agent pendant des décennies et qui est le parrain de sa fille Laura Smet, a exprimé sa tristesse sur les antennes de RTL en soulignant qu’il avait « 40 ans d’histoire » avec Nathalie Baye. « C’est vrai que je suis assez meurtri, attristé. J’aimais tellement cette femme », a déclaré le cofondateur du Festival du film francophone d’Angoulême où Nathalie Baye a fait l’une de ses dernières grandes apparitions publiques.
« C’est son talent qui a fait ce qu’elle est devenue » et qui lui a permis de rejoindre ce club des « grandes actrices qui touchaient et qui avaient une grande émotion ». « J’ai toujours pensé que c’était la sœur que je rêvais d’avoir », a-t-il encore dit. Dans les pages de Paris Match, Dominique Besnehard, avait confié que son amie « était la Femme française ».
« Ciao ma Nathalie ! », a écrit sur Instagram la comédienne Josiane Balasko qui s’est dite « tellement triste ». C’est aussi sur Instagram que Xavier Dolan, qui lui avait offert une magnifique partition dans Juste la fin du monde (2016), a exprimé son chagrin. « Je t’embrasse pour la dernière fois avec ces quelques vers d’Hugo écrits suite au départ de son ami Théophile Gauthier ». Et de citer notamment ces vers : « Je te salue au seuil sévère du tombeau. Va chercher le vrai, toi qui sus trouver le beau ».
« Je repense à nos conversations montréalaises en salle de montage, se souvient encore Xavier Dolan, nos échanges sur nos familles respectives, sur l’amour que nous portons à nos proches, au cinéma, au travail bien fait et bien préparé, que tu aimais, aux choses simples aussi, comme un verre de whisky japonais un samedi soir à l’île de Ré, et qui t’aurait fait, comme tu me l’as souvent dit, chanter la Marseillaise. »
Isabelle Adjani se remémore, elle, son unique collaboration avec l’actrice emportée par la maladie à corps de Lewy. « Nathalie, Nathalie… La seule fois où l’on s’est donné la réplique sur le tournage de La Gifle de Claude Pinoteau, la vivacité de ton jeu m’avait plu ! Et je t’en remercie encore, car ton naturel m’a insufflé du naturel ».
« Mon inédit préféré chez une comédienne, poursuit-elle, c’est l’éclat de la sincérité. J’ai fait partie de ton public fidèle et j’ai toujours cru à la réalité humaine de tes personnages. Re-connaissance. »
À Pierre Arditi, c’est le rire qu’elle insufflait. « J’ai des souvenirs de fous rires parce qu’elle était très rieuse, moi aussi », a-t-il confié à France 2. Le comédien a ainsi révélé que leur hilarité communicative les avait empêchés de jouer au théâtre ensemble. « J’avais eu la chance de jouer avec elle et elle avait un talent immense », a indiqué Christian Clavier sur ses réseaux sociaux. Il lui avait donné la réplique dans Le Prix à payer (2007), mémorable comédie sur la vie d’un couple en crise. « Elle était une partenaire de rêve et va beaucoup nous manquer »
« De Truffaut à Godard, de Daniel Vigne à Spielberg, Nathalie a été l’actrice française type, la bonne copine », résume Gilles Jacob, ancien président du Festival de Cannes. « Comédienne aimée de tous, elle jouait, elle vivait – c’était la femme qui aimait les films », a-t-il encore déclaré à l’AFP.
Le Festival de Cannes a rappelé sur ses réseaux sociaux que « l’actrice française (avait) habité notre cinéma de sa présence lumineuse pendant 50 ans » de « La Nuit américaine de François Truffaut, qui la révèle en 1973, à La Nuit du verre d’eau de Carlos Chahine, sa dernière apparition à l’écran en 2023 ».
« Plus d’une centaine de rôles, souligne le Festival, sous la direction de Godard, Sautet, Tavernier, Blier, Chabrol, mais aussi Steven Spielberg ou Xavier Dolan, nous l’aurons fait connaître et aimer, tantôt sage, tantôt fantasque, toujours juste et profondément humaine ».
C’est aussi sa chaleureuse personnalité et sa longévité artistique que salue Gaëtan Bruel, le président du Centre national du cinéma (CNC). « Sa personnalité, son timbre de voix chaleureux et son immense talent se sont imposés dans tous les registres du 7e art, du cinéma d’auteur aux comédies populaires depuis plus de 50 ans ».
Le patron du CNC est également revenu sur son impressionnant palmarès et ses incursions à la télévision. « Multirécompensée au cinéma avec entre autres quatre César et le prix d’interprétation à Venise, elle a aussi marqué le petit écran dans les séries Les Hommes de l’ombre et Dix pour cent, avec sa fille Laura Smet ».
Source:
www.franceinfo.fr





