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Blocage de la prison de Villepinte : les agents dénoncent la surpopulation carcérale

Une soixantaine d’agents bloquaient, mercredi 15 avril au matin, l’accès au centre pénitentiaire de Villepinte (Seine-Saint-Denis) afin de dénoncer la surpopulation de l’établissement, a constaté une journaliste de l’Agence France-Presse (AFP). Aujourd’hui, 1 355 personnes sont incarcérées alors que la capacité opérationnelle de la maison d’arrêt est de 703 places.

« Nous avons plus de 200 matelas au sol et nous avons des agents qui sont épuisés », déplore Fabrice Serrault-Gobet, représentant Force ouvrière-Justice (FO). Réunis devant l’établissement, les agents font part d’« un ras-le-bol total » qu’ils attribuent, selon le syndicaliste, aux « magistrats [qui] n’en font qu’à leur tête et incarcèrent à tout-va ». Cette mobilisation a contraint l’administration pénitentiaire à annuler les parloirs pour la journée et à restreindre les extractions de prisonniers.

La France figure parmi les très mauvais élèves d’Europe en matière de densité carcérale. A la fin de janvier, le Conseil de l’Europe avait dénoncé l’état des prisons françaises, alertant dans un rapport sur le risque d’une évolution vers un « entrepôt humain ». Surpopulation, insalubrité et violences y sont particulièrement montrées du doigt. « Je trouve ça inhumain », explique un responsable régional de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC).

« Suroccupation délirante »

Venue en soutien à la mobilisation, Clémentine Autain (L’Après) dénonce la « suroccupation délirante » du centre pénitentiaire situé dans sa circonscription. Elle critique frontalement « le gouvernement [qui] ne peut pas continuer à empiler des lois répressives qui enferment et ne permettent pas des solutions alternatives à la prison. »

« Face à cette situation, la direction de l’établissement, en lien avec la DISP [direction interrégionale des services pénitentiaires] de Paris et avec le soutien de la direction générale de l’administration pénitentiaire, met en œuvre une politique d’orientation active des personnes condamnées vers des établissements pour peine [qui accueillent les condamnés dont la peine ou le reliquat de peines est au moins de deux ans] », a déclaré l’administration pénitentiaire à l’AFP. Elle précise également que l’extension du centre pénitentiaire sur la commune voisine de Tremblay-en-France, prévue pour 2028, « permettra à terme la création de 706 places nettes de maison d’arrêt ».

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« Blocage total »

De même, dans le sud de la France, au centre pénitentiaire d’Avignon-Le Pontet (Vaucluse), un « blocage total » a mobilisé 80 agents de 6 h 30 du matin à la mi-journée, a affirmé à l’AFP le secrétaire local de FO, Clément Lopez. « Les deux premiers tours du parloir ont sauté », a-t-il précisé. La mobilisation dénonçait essentiellement un sous-effectif du personnel, a-t-il souligné, expliquant qu’il manque une soixantaine d’agents pénitentiaires pour que l’encadrement soit complet.

Son syndicat réclame dans l’immédiat sept agents supplémentaires. Et M. Lopez d’ajouter : « Dans quelque temps on va avoir l’enveloppe qui va tomber avec le nombre de personnes qu’on va nous octroyer, et selon le nombre, si c’est correct tant mieux, si le nombre n’est pas correct il y aura sûrement un nouveau blocage. »

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Le Monde avec AFP


Source:

www.lemonde.fr

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