Les éditions Basset nous avez promis lors de sa création, de ne publier que des ouvrages en relation avec les organisations criminelles sous forme d’enquêtes ou de romans. Promesse tenue dès sa première publication avec Dans les coulisses de la « Ndrangheta de Gabriella Marà. (voir Éditions Basset : une maison d’édition face au crime organisé), enquête fouillée et détaillée sur cette organisation internationale, l’engament de cette maison d’édition continue avec L’usure du sang, roman autobiographique d’Antonio Zagardi, traduit de l’italien “Ammazzare Stanca, autobiografia di uno ’ndranghetista pentito” par l’éditrice elle-même, Brünhilde Delhommeau.
Si vous avez lu le précédent ouvrage, vous retrouverez les situations et les protagonistes des faits divers liés à cette organisation, mais cette fois, vous les vivrez de l’intérieur avec cette trajectoire glaçante d’un tueur repenti. Loin des clichés du Parrain de Francis Ford Coppola, Antonio Zagardi raconte sa vie au sein de la N’drangheta, ses braquages ratés, ses années de prison et ses assassinats ‘d’honneur’ ou de vengeance.
Vivre dans ce milieu implique une tension permanente, une attention particulière sur les ennemis de l’organisation, mais aussi sur les ambitieux prêts à tout pour obtenir votre place ou obtenir les faveurs de la hiérarchie. Tuer n’est pas un problème pour ce fils de mafieux au caractère orgueilleux et plein de principe, reprochant par exemple à son fils de n’avoir pas tué son épouse plutôt que d’accepter le divorce.
Société machiste dans laquelle l’honneur du clan et de la famille passe avant les sentiments. Et c’est sur ce dernier point, qu’Antonio Zagardi flanchera, ne supportant plus les enlèvements suivis de meurtres, il retardera et dénoncera un de ces projets de rapt. Ce revirement provoquera un vaste coup de filet dans l’organisation, l’arrestation de nombreuses personnes dont son père, et un procès en retentissant comme l’Italie en connaissent depuis les années 80 avec la loi dite des repentis.
Le roman se termine par un texte très technique d’Armando Spataro, magistrat et juriste italien, qui explique la genèse des grands procès de la mafia et des lois qui les ont permis. Tiré d’un essai de 2010, le chapitre intitulé ‘La mafia en Lombardie’, corrobore le récit du repenti en s’appuyant sur plusieurs affaires médiatiques des dernières décennies.
L’usure du sang d’Antonio Zagardi a été adaptée au cinéma par Daniele Vicari, ce film sera présenté au festival de Venise et va très certainement susciter la curiosité de ceux et celles qui ont côtoyé l’auteur de ce roman, mort, non par vengeance, mais dans un banal accident de moto. Mais avec la mafia, on n’est sûr de rien…
Source:
actualitte.com





