- Advertisement - spot_imgspot_img
AccueilSanté« Les géants de la tech constituent les plus vastes agrégations privées de...

« Les géants de la tech constituent les plus vastes agrégations privées de données de santé jamais envisagées »

Chaque semaine, plus de 230 millions de personnes dans le monde posent des questions sur leur santé et leur bien-être à ChatGPT, selon des chiffres communiqués par OpenAI. Ces derniers mois, cinq géants technologiques [OpenAI, Anthropic, Microsoft, Amazon, Perplexity] ont lancé des produits d’intelligence artificielle (IA) dévolus à la santé. Tous invitent les utilisateurs à relier à des chatbots leurs dossiers médicaux, leurs objets connectés et leurs applications de bien-être, tout en promettant que ces données ne seront pas utilisées pour entraîner leurs modèles. Pour l’instant, tous ces « agents santé » ne sont disponibles qu’aux Etats-Unis.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Quand les chatbots et l’IA entrent en psychiatrie, les risques de la thérapie en libre-service

Ces systèmes aspirent à devenir votre conseiller personnel de santé : ils interprètent vos analyses, préparent vos rendez-vous, suivent votre activité physique. Les données dispersées entre dix applications, trois hôpitaux et vos médecins sont centralisées, interprétées, et restituées en langage naturel.

Le potentiel est réel. Pour des millions de personnes naviguant dans un système de santé fragmenté, et souvent surchargé, un tel assistant pourrait apporter d’énormes bénéfices. Ces entreprises soutiennent que l’intégration des informations – qui permet de centraliser, d’harmoniser et de connecter l’ensemble des données de santé d’un patient – est une nécessité : ignorant votre historique médical, un conseil générique fourni par ChatGPT peut devenir dangereux.

L’enquête menée par l’Association médicale américaine, et publiée en mars, confirme cette préoccupation : 64 % des médecins se disent favorables à ce que leurs patients utilisent ces outils pour des questions générales de santé, mais près de la moitié s’y opposent pour l’interprétation de résultats de pathologie ou de radiologie. L’IA en santé peut aider, mais il y a des lignes à ne pas dépasser et des garanties sont nécessaires.

Valeur immense

Comment expliquer que l’Europe soit totalement absente de cette révolution ? Chacun de ces produits associe des protections – pas d’entraînement du modèle sur les données personnelles, et une mémoire isolée du reste du chatbot – à des fonctionnalités d’intégration de données médicales. Or, c’est l’intégration qui déclenche les obstacles réglementaires européens, notamment via l’article 9 du règlement général sur la protection des données, la réglementation sur les dispositifs médicaux ou encore le règlement sur l’IA.

Il vous reste 63.41% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source:

www.lemonde.fr

Annonce publicitairespot_img

Derniers articles

Annonce publicitairespot_img