LETTRE DE NEW DELHI
L’île, un joyau de biodiversité, est située à l’extrême sud du territoire indien, plus proche de l’Indonésie et de la Malaisie que de l’Inde. C’est la dernière île de l’archipel des Andaman-et-Nicobar et la plus grande, 910 kilomètres carrés. Peu de visiteurs ont eu la chance de s’y rendre. Grande Nicobar n’est accessible que sur permis spécial, un sauf-conduit réservé en priorité aux naturalistes, aux ornithologues et aux chercheurs.
Malgré sa taille, elle n’est peuplée que de 9 000 âmes. D’anciens militaires s’y sont installés à partir des années 1970. Deux tribus, les Nicobarese, environ 1 000 indigènes, installés sur la côte, et les Shompen, vivant dans la forêt tropicale dense, y ont élu domicile. Les Shompen figurent parmi les peuples les plus isolés de la planète. Au nombre de 260, ces chasseurs-cueilleurs nomades vénèrent la Lune et vivent en petits groupes dont les territoires sont délimités par les rivières qui sillonnent la forêt. L’île est recouverte à 95 % de forêts tropicales quasiment vierges.
Grande Nicobar est un trésor en péril. Son malheur vient de sa position géographique. Elle n’est qu’à 40 milles marins du détroit de Malacca, l’une des voies maritimes les plus fréquentées au monde – un tiers du commerce maritime mondial y transite – et passage majeur des navires chinois. Le gouvernement indien veut en faire une place stratégique, capter une partie du trafic mondial de marchandises tout en renforçant ses capacités de défense.
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Source:
www.lemonde.fr




