Le débat sur nos régimes de pensions est sur le point d’être relancé à partir de nouveaux chiffrages. Jeudi 16 avril, le Conseil d’orientation des retraites (COR) doit se prononcer sur les hypothèses démographiques et économiques qui lui serviront ensuite pour actualiser les « projections financières » de notre système par répartition. Le résultat du calcul, qui sera livré en juin dans le rapport annuel de cette instance, permettra de savoir si le déficit est susceptible de s’aggraver ou non. Un élément majeur pour la réflexion collective qui est censée s’ouvrir avec la campagne pour l’élection présidentielle de 2027.
Dans les documents qui ont été adressés aux membres du COR pour la réunion de jeudi – et que Le Monde a pu consulter –, l’un d’eux formule plusieurs propositions importantes. Il suggère, en particulier, de « retenir les hypothèses centrales des nouvelles projections démographiques de l’Insee ». Celles-ci seront publiées en juin, mais plusieurs données sont d’ores et déjà fournies en matière de fécondité, de mortalité et de migrations. Elles ont un poids déterminant car elles influencent les recettes et les dépenses du système de pensions. Un seul exemple : si les gains d’espérance de vie sont plus faibles que prévu, le nombre de retraités et, par voie de conséquence, la masse de prestations à verser deviennent moins élevés.
La note transmise aux membres du COR explique que les scénarios en matière de démographie vont notablement changer par rapport à ceux établis en 2025, afin d’intégrer certaines évolutions (diminution des naissances, etc.). Ainsi, l’hypothèse centrale de l’Insee pour l’indice conjoncturel de fécondité se situerait à 1,45 enfant par femme, alors que, auparavant, elle était de 1,8. Dès lors, les actifs seraient, à terme, moins nombreux, ce qui aurait un double impact : des cotisations moins dynamiques et une croissance économique moins soutenue – ce qui atténuerait les richesses produites et les rentrées fiscales. L’incidence sur les comptes des caisses de retraite et sur l’ensemble des finances publiques serait donc négative. C’est d’ailleurs souvent sur cette dimension-là du problème que le débat se focalise, aujourd’hui.
Il vous reste 59.61% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Source:
www.lemonde.fr




