On sait depuis longtemps que l’oreille interne du chat joue le rôle de gyroscope, l’aidant à s’orienter dans l’espace pendant une chute. Mais ce qui se passe du côté de sa colonne vertébrale restait flou.
En mars 2026, une équipe de l’Université de Yamaguchi, au Japon, a publié dans la revue The Anatomical Record une étude qui change notre compréhension de la biomécanique féline. Leurs travaux révèlent que la clé du redressement aérien réside dans une répartition très particulière de la souplesse le long du rachis.
Une colonne vertébrale aux deux visages
Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, le dos du chat ne se tord pas de façon uniforme. Les chercheurs ont identifié une asymétrie fondamentale entre ses deux parties :
La colonne thoracique (haut du dos) est très souple et peut pivoter jusqu’à 50 degrés avec un effort minimal.La colonne lombaire (bas du dos) est nettement plus rigide, jouant un rôle de point d’ancrage.
Cette différence n’est pas un hasard évolutif. Elle est au cœur du mécanisme de redressement. Quand le félin chute, il oriente d’abord sa tête et ses pattes avant vers le sol. La partie haute, très flexible, amorce sa rotation rapidement. Pendant ce temps, la région lombaire, plus dure, résiste. Elle fournit le contrepoids nécessaire pour que le mouvement reste contrôlé.
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Sans cette rigidité arrière, le chat tournerait sur lui-même de façon incontrôlée, incapable de stabiliser sa trajectoire. L’étude précise que « la rotation du tronc antérieur s’achève plus tôt que celle du tronc postérieur ». C’est cette séquence décalée qui rend le redressement si efficace.

Le chat peut tordre son dos davantage au niveau des côtes qu’au niveau des reins, c’est ce qui l’aide à toujours retomber sur ses pattes. © VladK213, iStock
Des applications bien au-delà du monde félin
Ces résultats intéressent des domaines très éloignés de la biologie animale. La robotique, en premier lieu, y voit une source d’inspiration directe. Reproduire cette flexibilité différenciée dans une colonne artificielle permettrait de concevoir des robots capables de se réorienter seuls lors d’une chute ou sur un terrain instable. Aujourd’hui, allier souplesse et stabilité reste l’un des défis les plus complexes en ingénierie des systèmes mobiles.

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L’analogie est parlante : imaginez un ressort dont chaque spire se détend à son propre rythme. C’est exactement ce que fait la colonne féline, en déployant le mouvement par étapes plutôt qu’en une seule impulsion désordonnée.
Les vétérinaires, eux aussi, voient un intérêt concret dans ces travaux. Mieux cartographier la répartition des forces de torsion sur le rachis du chat pourrait affiner les protocoles de rééducation après une blessure dorsale. Cela pourrait aussi aider à mieux cibler les traitements contre la douleur chronique liée aux pathologies vertébrales chez le félin.
Comme le résument les auteurs de l’étude : « La colonne thoracique flexible et la colonne lombaire rigide sont adaptées à ce comportement ». Une phrase simple, mais qui résume des millénaires d’évolution condensés dans quelques centimètres de tissu osseux et cartilagineux.
Ce que l’on prenait pour un tour de magie naturel s’avère être une mécanique d’une précision remarquable, gravée dans chaque vertèbre du chat.
Source:
www.futura-sciences.com




