Le port de Marseille inaugure samedi le branchement de prises électriques pour les bateaux de croisière qui y font escale, pour leur permettre de couper leur moteur et ainsi de moins polluer.
Publié le 11/04/2026 11:47
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Fini les fumées noires qui polluent l’air du port de Marseille. Les bateaux de croisière en escale vont désormais pouvoir couper leur moteur : de puissantes prises électriques sont inaugurées samedi 11 avril pour alimenter ces géants des mers à quai.
Une nouveauté qui arrive à point nommé, au lendemain du discours de Sébastien Lecornu, dans lequel le Premier ministre a présenté les premières mesures pour électrifier la France et sortir des énergies fossiles. Le port de Marseille prend de l’avance sur des directives de l’Union européenne : d’ici 2030, tous les ports européens devront être équipés de prises pour les navires en escale.
Après les ferrys pour la Corse et le Maghreb, les paquebots de croisière vont donc pouvoir se brancher à quai. Les puissantes prises pourront alimenter trois navires en même temps, sur les quatre que peut accueillir le port de Marseille. Une capacité inédite, assure Christophe Castaner, président du Conseil de surveillance du grand port maritime de Marseille-Fos : « C’est une première en Méditerranée, une première en France et, à cette échelle-là, une première certainement au niveau mondial ».
« L’objectif est que les moteurs ne tournent pas. »
Christophe Castaner, président du Conseil de surveillance du grand port maritime de Marseille-Fosà franceinfo
Quand les moteurs des bateaux ne tournent pas, il n’y a plus de fumées noires. L’électrification des quais, couplée au développement du carburant GNL, va permettre de baisser la pollution de l’air d’ici 2035, explique-t-il, permettant ainsi de produire « 80% de dioxyde se souffre en moins » et « 75% des particules fines en moins » sur dix ans. « C’est cette révolution-là de la décarbonation que nous mettons en œuvre sur le port, avec l’objectif de mieux accueillir, pas forcément d’accueillir plus », précise Christophe Castaner.
Chaque année, deux millions de croisiéristes font escale à Marseille. Et pour qu’ils puissent continuer à profiter des piscines à vagues, des casinos ou même des patinoires sur les bateaux à l’arrêt, sans asphyxier les riverains, il faut énormément d’électricité : les plus gros navires consomment chacun autant qu’une ville de 13 000 habitants. « C’est comme si vous deviez connecter une ville entière sur une prise », fait remarquer Laurent Spadaro, responsable du département réseau d’électricité au grand port maritime de Marseille.
L’électrification des quais à Marseille va au-delà des bateaux de croisière, puisque des prises doivent aussi être installées pour les porte-conteneurs et les navires en réparation. « D’ici 2030, il faut que 90% de nos escales soit connectées et connectables », souligne Laurent Spadaro.
Encore faut-il que les bateaux veuillent bien se brancher. Car ce n’est pas obligatoire, souligne Julie, membre du collectif Stop Croisières. Elle prend l’exemple du port voisin de Toulon : « Très peu de navires se branchent. L’électricité reste plus chère que le fioul lourd. À Toulon, on constate que 20 escales se sont branchées sur les 1 200 l’année dernière ». Mais les compagnies de croisières ont tout intérêt à jouer le jeu, rétorquent les équipes du grand port maritime de Marseille-Fos, si elles veulent continuer à faire de la publicité pour des voyages sur l’eau moins polluants.
Source:
www.franceinfo.fr




