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Céline Sallette, pour “Sauvage” : “J’ai une carrière discrète, on pourrait croire que je passe du temps au fond des bois”

Dans la première fiction du documentariste Camille Ponsin, elle interprète une mère face à sa fille adolescente qui veut vivre à l’état de nature. L’actrice y déploie une sensibilité viscérale, intensément convaincante. Rencontre.

Céline Sallette, à Paris, le 18 mars 2026. Photo Jérôme Bonnet pour Télérama

Par Guillemette Odicino

Publié le 11 avril 2026 à 16h00

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Dans Sauvage, de Camille Ponsin, en salles depuis le 8 avril, Céline Sallette impressionne en mère obstinément du côté de sa fille (Lou Lampros), une adolescente de plus en plus « animale » et farouche au cœur des Cévennes, où ses parents se sont installés en petite communauté avec des amis. Elle nous parle de cette expérience.

Jouer une mère inconditionnelle…

« Camille Ponsin, le réalisateur de Sauvage, m’avait vue dans Les Algues vertes, de Pierre Jolivet, et je pense, aussi, que c’était bien pour lui que je ne sois pas une vedette, une actrice de la catégorie A, pour que mon personnage installé au fin fond des Cévennes reste crédible. J’ai une carrière discrète, et on pourrait croire que je passe du temps au fond des bois !

C’est un film sur l’attachement entre une mère et sa fille qui veut vivre à l’état de nature, ce lien maternel sauvage, justement, totalement instinctif, loin de la pensée rationnelle, mais sans issue. Camille s’est inspiré d’une histoire vraie, il a suivi cette mère dans cette nature si puissante dont il fait un personnage à part entière. J’ai regardé les images qu’il avait filmées de cette femme quand elle marche dans la forêt, cache de la nourriture pour son enfant, scrute ses traces comme celles d’un petit animal. »

Un film sur le corps…

« Lou Lampros, dont la partition est quasiment muette dans le film, était impressionnante : elle sautait comme un cabri ! Et la scène où j’essaye de traîner un poêle à bois vers sa cabane était assez éprouvante. C’est un film sur le corps, mais aussi sur l’inaccessibilité : peut-on se construire une vie en dehors de la norme ? L’autre, aussi, est difficile d’accès : il est mystérieux, il reste une énigme, même si c’est ton propre enfant.

Sur le tournage, nous nous sentions bouleversés physiquement dans ces paysages matriciels des Cévennes qui, à la fois, étouffent et révèlent. Un jour d’inconscience, j’ai quitté le tournage en voiture pour regagner Paris dans la nuit, et je me suis aperçue à quel point j’avais minoré la durée du trajet ! C’est comme avec les gens : on est toujours plus loin qu’on le croit. »

Ses projets…

« Je finis le montage d’un documentaire que j’ai réalisé sur l’inceste. Une des choses les plus dures que j’aie jamais faites, mais je me suis sentie appelée à le faire. Parallèlement, je suis en train d’adapter la bande dessinée Champs de bataille, d’Inès Léraud, sur le remembrement rural et l’agriculture intensive qui ont bousillé le paysage.

Et, rien à voir, on me verra en Première ministre de la France dans Jupiter, un premier long métrage d’Alexandre Smia en forme de thriller politique, où le président, Denis Ménochet, met l’Ukraine sous bouclier nucléaire. Là, je peux vous dire qu’on est loin de l’élevage de vers à soie de Sauvage ! Je serai peut-être moins discrète dans les mois à venir : je suis comme un bon bouillon qui mijote… »

Lire la critique

q “Sauvage”, de Camille Ponsin : un film qui peine à parler de la vie loin des villes

Céline Salette en quelques dates2024 Réalise Niki, un biopic de l’artiste Niki de Saint Phalle.2016 Joue une directrice des ressources humaines dans Corporate, de Nicolas Silhol.2011 Incarne une prostituée dans L’Apollonide  : Souvenirs de la maison close, de Bertrand Bonello.2006 Meurtrières, de Patrick Grandperret, son premier rôle.


Source:

www.telerama.fr

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