Autisme, déficit de l’attention, dyslexie, dysorthographie, dyspraxie : 15% de la population est neuroatypique et rencontre des difficultés importantes sur le marché du travail. Depuis 2 ans, la plateforme d’emploi Autypik propose de faire le lien entre ces personnes et des entreprises.
Publié le 11/04/2026 09:58
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Voilà une plateforme d’emploi strictement réservée aux personnes neuroatypiques, première du genre en France. Elle a été créée par Mara Staub, 28 ans, diagnostiquée autiste avec aussi un trouble de l’attention, avec ou sans hyperactivité. « Une neuroatypie peut en cacher une autre », dit-elle avec humour.
Partant du constat que les personnes neuroatypiques rencontrent nettement plus de difficultés à trouver un emploi, puis à le conserver parce qu’elles s’épuisent à gommer leurs différences, Maria Staub a lancé Autypik il y a 2 ans. C’est une plateforme numérique où les candidats autistes, TDAH ou DYS peuvent déposer leurs candidatures, et où les entreprises prêtes à accueillir des fonctionnements cognitifs différents postent des offres d’emploi.
Avant de déposer une offre sur Autypik, l’entreprise cliente accepte d’abord que la direction et les responsables des ressources humaines soient formés et leurs salariés sensibilisés.
Ensuite, pas question de rédiger une offre d’emploi classique. Celle-ci doit être adaptée, c’est-à-dire qu’elle doit être très précise et très détaillée, concernant la mission, les compétences recherchées, les horaires de travail ou l’espace de travail. Par exemple, s’agit-il d’un open space ou d’un petit bureau partagé et fermé (quitte à mettre des photos ou une vidéo) ?
L’entreprise doit également détailler le processus de recrutement et préciser la trame de l’entretien d’embauche. « Mettre une personne neuroatypique en situation de stress est contre-productif, explique Mara Staub, cela ne sert à rien. »
Dans son CV, le candidat doit, de son côté, exprimer qui il est, dire les postes qu’il recherche, préciser son profil neuroatypique et ses besoins individuels pour ne pas avoir besoin de se cacher.
Cela peut être un casque antibruit pour pouvoir se concentrer, des instructions écrites, le besoin de faire des pauses régulières en réunion en raison d’une hyperactivité, un peu plus de télétravail. Ou prévenir qu’on déjeune seul le midi ou qu’on ne participe pas aux afterworks, parce que cela demande trop d’énergie.
À chaque fois qu’une personne est embauchée, elle et son manager sont accompagnés, avec 5 rendez-vous la première année. « Cette transparence est la clef d’un recrutement et d’une intégration réussis », selon Mara Staub. Depuis 2 ans, Autypik a travaillé avec plus de 35 entreprises et a permis à plusieurs dizaines de neuroatypiques d’être recrutés. Un travail de longue haleine, mais qui porte progressivement ses fruits. Le gouvernement vient de publier un guide pour repenser la neurodiversité en entreprise.
Source:
www.franceinfo.fr




