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Strasbourg : la socialiste Catherine Trautmann s’empare de la métropole

Après son retour aux commandes de Strasbourg, la socialiste Catherine Trautmann a été élue haut la main présidente de la métropole, vendredi, renouant avec un cumul abandonné depuis son départ de l’hôtel de ville, il y a vingt-cinq ans.

Seule candidate, l’ancienne ministre de la culture de Lionel Jospin, qui a noué une alliance avec des élus de droite, a obtenu 80 voix sur les 107 conseillers de l’Eurométropole de Strasbourg (EMS). Vingt-sept électeurs ont voté blanc.

Depuis 2001, mairie de Strasbourg et présidence de l’intercommunalité étaient occupées par deux personnes différentes – mais toujours alliées. Ce cumul a provoqué de vives critiques de ses opposants, la maire écologiste sortante, Jeanne Barseghian, qualifiant dans l’hémicycle cette « concentration du pouvoir aux mains d’une seule personne » de « retour en arrière », l’élu « insoumis » Florian Kobryn évoquant, lui, « une personnalisation à outrance ».

« Je suis là pour renforcer la cohésion, pas pour cumuler », a répliqué l’intéressée, promettant de « faire vivre la collégialité » entre maires.

La position est stratégique : composée de 33 communes, l’Eurométropole de Strasbourg dispose d’un budget de 1,33 milliard d’euros, soit plus du double de celui de la ville de Strasbourg, qui représente 56 % de sa population.

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Elle dispose de compétences-clés, des transports aux déchets, en passant par le logement, l’économie ou encore l’énergie.

A la veille de l’élection, Mme Trautmann avait annoncé jeudi avoir conclu un pacte peu commun avec deux élus (Les Républicains, LR), Thibaud Philipps et Catherine Graef-Eckert, désignés vice-présidents de la collectivité de 517 000 habitants.

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« Nous venons d’horizons différents, c’est peu de le dire », a reconnu Mme Trautmann. « Nous avons des sensibilités différentes, mais nous avons une habitude ancienne : travailler ensemble », a-t-elle déclaré, louant une démarche « transpartisane » visant à ce que « chaque commune soit associée » aux décisions prises. Mme Graef-Eckert a, elle, souligné sa « volonté de dépolitiser les débats ».

Les trois élus se connaissent bien, pour avoir ferraillé ensemble contre la précédente majorité écologiste, mettant en échec son projet d’extension du tramway vers le nord de la métropole de 517 000 habitants.

« Trahison du socialisme »

Catherine Trautmann avait remporté l’élection municipale de mars avec 37 % des voix à l’issue d’une campagne parfois tendue, marquée par l’inimitié affichée entre elle et Jeanne Barseghian, ainsi que par des ralliements inattendus. A 75 ans, la socialiste a déjà été maire de Strasbourg à deux reprises, de 1989 à 1997 et en 2000-2001.

Délibérément au-dessus des partis, y compris du sien, cette femme déterminée a fait campagne avant tout sur son nom et son expérience, se déclarant candidate en décembre avant même d’être investie par les instances du PS.

Elle s’était alliée avec le candidat Horizons pendant l’entre-deux-tours, s’attirant les foudres des instances nationales du PS, face à Jeanne Barseghian, rejointe quant à elle par le candidat de La France insoumise, dont l’alliance a rassemblé 31,7 % des voix.

L’écologiste l’a de nouveau accusée « de trahison du socialisme » et de « trahison des Strasbourgeois qui ont crû de bonne foi » qu’elle défendait toujours les valeurs du PS.

Dans son discours de candidate devant le conseil métropolitain, Mme Trautmann a tenu à répondre à cette accusation. « Je ne suis pas là pour faire passer, comme cela a été commenté, une alliance d’une femme de gauche avec la composante de droite de ce conseil. J’ai d’abord à Strasbourg proposé une alliance avec les Strasbourgeois et je propose ici que nous puissions ensemble faire cette alliance avec les habitants de l’Eurométropole », a-t-elle dit.

Décochant une flèche à l’équipe précédente, elle a estimé que le premier défi du conseil de l’Eurométropole était de « refaire confiance, de refaire métropole, parce que nous avons aussi vécu dans la période passée des moments de frustration, des moments où l’écoute pour certaines communes n’était pas considérée comme suffisante ».

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Le Monde avec AFP


Source:

www.lemonde.fr

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