Elle est la discrète de la nouvelle vague du cinéma espagnol. Carla Simon, née en 1986, à Barcelone, a fait irruption dans les grands festivals sans que l’on y prenne garde, enchaînant entre 2017 et 2025 trois longs-métrages, dont le deuxième, Nos soleils, a décroché, en 2022, l’Ours d’or à la Berlinale. Le dernier en date, Romeria, en compétition à Cannes, clôt une trilogie d’œuvres revisitant les souvenirs d’enfance de la réalisatrice, laquelle a grandi dans une famille adoptive. Elle a perdu très tôt ses parents, accros à l’héroïne et morts du sida – son père quand elle avait 3 ans, sa mère quand elle en avait 6. On la retrouve au rez-de-chaussée d’un hôtel parisien, tandis que son compagnon garde leurs deux enfants à l’étage.
Il y a quelque chose de doux et de radical chez cette cinéaste au teint clair et à la coupe impeccable. Cela tient aussi à sa voix, un flux continu et maîtrisé, ainsi qu’à la lumière de son regard. « Mes parents sont nés sous le franquisme, ils ont grandi avec le poids des valeurs catholiques et beaucoup d’interdits. Quand cette chape a été levée avec la transition démocratique, ils se sont emparés de la liberté qui leur était soudain donnée, sans mesurer du tout les conséquences de ce qu’ils faisaient », dit-elle.
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Source:
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