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"Romeria", le conte poétique et autobiographique de Carla Simón

Matteu Maestracci évoque cette semaine les deux films suivants : « Romeria » de Carla Simón et « La femme de » réalisé par David Roux.


Publié le 11/04/2026 09:57

Temps de lecture : 2min

Llucia Garcia dans « Romeria » de Carla Simón (AD VITAM DISTRIBUTION)

Cela fait plusieurs années maintenant que Carla Simón, réalisatrice catalane de 39 ans, évoque son histoire familiale et personnelle dans ses films. Ses deux parents sont morts du sida quand elle était petite, comme le personnage central du film.

Marina, enfant adoptée, a besoin d’un papier d’état civil pour s’inscrire à l’université. Elle part à Vigo, en Galice, sur les traces de ses parents biologiques et d’une famille qu’elle ne connaît pas. Cinéaste en devenir, elle emporte avec elle une petite caméra amateur.

C’est un film sur la quête d’identité, des origines, sur les tabous aussi ou autres vérités difficiles que certaines familles préfèrent balayer sous le tapis. Romeria était reparti bredouille du dernier festival de Cannes, où il était présenté en compétition, c’est notre coup de cœur de la semaine. Un film très émouvant et poétique, à voir ne serait-ce que pour la prestation dans le rôle de Marina de la jeune Llucia Garcia, repérée dans la rue alors qu’elle rentrait d’un camp scout.

Après Marina, voici Marianne (interprétée par Mélanie Thierry), épouse et mère au foyer, femme dévouée, dans le décor cossu et étouffant d’une famille de la grande bourgeoisie catholique des environs d’Angers.

Plusieurs événements – la mort de la grand-mère et l’irruption inattendue d’un ancien amour de jeunesse – vont bousculer sa vie ennuyeuse et répétitive. De quoi dynamiter ce clan toxique, où les femmes sont invisibilisées et globalement réduites à servir ces messieurs.

Si le film fonctionne, c’est surtout grâce à son actrice principale, impeccable en femme taiseuse (comme dans La Douleur d’Emmanuel Finkiel), mais aussi grâce au duo qu’elle forme avec un Eric Caravaca bluffant, à contre-emploi dans le rôle du mari odieux.

On pense forcément à Claude Chabrol avec ce portrait au vitriol d’une famille épouvantable, dans un film plutôt bien réalisé, à la fois dur et réjouissant, bien que parfois à l’ancienne et pas forcément toujours subtil.


Source:

www.franceinfo.fr

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