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« L’emprise trouve un terrain particulièrement fertile dans des environnements professionnels marqués par l’individualisation des performances »

Dans les relations conjugales, l’emprise est aujourd’hui mieux identifiée, notamment grâce aux travaux de la psychiatre Marie-France Hirigoyen, qui la définit comme une forme bien spécifique de violence psychologique.

Loin de se réduire à des actes visibles, elle s’installe de manière progressive et insidieuse, sans contrainte ni violence. Elle débute généralement par une proximité intense, voire troublante. S’apparentant à une « lune de miel », cette phase n’est pas un accident du processus d’emprise : elle en est la condition. En France, plus d’un tiers des personnes en couple subissent des violences psychologiques de la part de leur partenaire.

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Ce mécanisme existe aussi dans la sphère professionnelle et les chiffres sont tout aussi importants, puisque 35 % des salariés subissent des violences psychologiques. L’emprise commence souvent par une relation qui déborde du cadre professionnel habituel. Il peut s’agir d’un manageur qui se montre particulièrement disponible, allant jusqu’à créer une forme d’intimité rapide.

Tous les individus

Les échanges réguliers vont accentuer la proximité, entraînant ainsi des confidences personnelles de la part du salarié. Lorsque l’intention est malveillante, ce rapprochement permet d’identifier les fragilités telles qu’un besoin de reconnaissance, un manque de confiance en ses compétences ou un moment de transition professionnelle.

Contrairement aux idées reçues, l’emprise ne cible pas les personnalités les plus fragiles. Elle peut concerner tous les individus. Elle s’installe généralement dans des moments de vulnérabilité tels que l’arrivée dans un nouveau poste, un épisode d’isolement ou une fragilité personnelle. C’est précisément dans ces interstices que l’emprise s’insinue.

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Après cette phase initiale vient le temps de la déstabilisation. Les marques de reconnaissance alternent avec des critiques plus ou moins explicites. Les attentes deviennent floues, parfois contradictoires. Les reproches ne portent plus seulement sur le travail, mais visent peu à peu la personne. Puis le piège se referme : habituée à la proximité de son bourreau, la victime va être en recherche constante de sa validation.

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Source:

www.lemonde.fr

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