En réaction aux informations selon lesquelles les autorités russes ont arbitrairement désigné comme « extrémiste » l’organisation de défense des droits humains Memorial et interdit ses activités dans le pays, Denis Krivosheev, directeur adjoint pour l’Europe de l’Est et l’Asie centrale à Amnesty International, a déclaré :
« Depuis près de 40 ans, l’engagement sans faille de Memorial, qui recueille des informations sur la répression passée et présente en Russie, a permis que les violations commises à l’encontre de millions de personnes ne tombent pas dans l’oubli. C’est notamment le cas pour les victimes du goulag stalinien, les actes illégaux et les violations des droits humains commis lors des conflits en Tchétchénie, en Géorgie et en Ukraine, mais aussi la détention arbitraire de centaines de détracteurs et d’opposant·e·s politiques du Kremlin actuellement. Organisation de premier plan, Memorial défend courageusement les droits humains et est la cible de terribles représailles, notamment la persécution, la détention et l’homicide de membres de son personnel.
« En qualifiant Memorial d’“ extrémiste ”, les autorités s’en prennent à l’une des plus anciennes organisations de la société civile russe, co-lauréate du prix Nobel de la paix en 2022, tout en criminalisant l’action en faveur des droits humains. Désormais, le fait d’aimer ou de partager des messages de Memorial sur les réseaux sociaux ou d’autres supports, ou de les mentionner dans des publications sans indiquer son statut “ extrémiste ”, pourra faire l’objet de poursuites pénales. Il est consternant que le Kremlin s’acharne ainsi à interdire Memorial et à faire disparaître du domaine public ses importantes archives sur les violations des droits humains.
En qualifiant Memorial d’“ extrémiste ”, les autorités s’en prennent à l’une des plus anciennes organisations de la société civile russe, co-lauréate du prix Nobel de la paix en 2022, tout en criminalisant l’action en faveur des droits humains.
Denis Krivosheev, directeur adjoint pour l’Europe de l’Est et l’Asie centrale à Amnesty International
« Les autorités russes doivent revenir sur cette décision scandaleuse et veiller à ce que Memorial et les organisations de défense des droits humains puissent exercer leurs activités librement, conformément aux obligations qui incombent à la Russie en vertu du droit international relatif aux droits humains. »
Complément d’information
Lors d’une audience qui s’est tenue à huis clos le 9 avril 2026, la Cour suprême de Russie a fait droit à la requête du ministère de la Justice visant à désigner comme « extrémiste » le « mouvement public international Memorial » – une expression fourre-tout employée par le gouvernement pour élargir l’interdiction à toutes les organisations liées à Memorial – et à interdire ses activités dans le pays.
Cette décision vient couronner une campagne menée depuis des années contre Memorial, fondée à la fin de l’ère soviétique, qui a grandi et forme désormais une communauté regroupant des dizaines d’organisations sœurs actives en Russie et à l’étranger. En mai 2014, l’une d’entre elles, le Centre Mémorial de défense des droits humains, basé en Russie, a été désignée comme « agent de l’étranger ». Depuis, les autorités russes ont assigné cette même désignation à plusieurs organisations du réseau Memorial ainsi qu’à une vingtaine de membres de leur personnel. En décembre 2021, Memorial International et le Centre « Mémorial » de défense des droits humains ont été sommés de cesser leurs activités sous prétexte d’atteintes à la législation répressive sur les « agents de l’étranger ». En février 2026, le ministère de la Justice a ajouté l’Association Memorial International, basée en Suisse, et la fondation allemande Zukunft Memorial à la liste des « organisations indésirables ».
Source:
www.amnesty.org




