La rentrée 2026 peut sembler encore loin, mais une partie de son bon déroulé se joue depuis le début du mois de mars entre les murs des centres d’examen disséminés sur tout le territoire. Des dizaines de milliers de candidats, aspirants professeurs ou conseillers principaux d’éducation, y étrennent la version réformée des concours de recrutement, dont les dernières épreuves écrites ont eu lieu mercredi 1er et jeudi 2 avril. Une session en tout point exceptionnelle, qui complexifie comme rarement la préparation de la rentrée scolaire et met sous tension son point névralgique : la nomination de tous les enseignants nécessaires devant les classes en septembre.
La réforme de la formation a rendu les concours accessibles aux étudiants de licence 3 (bac + 3), et non plus aux titulaires d’un bac + 5 comme c’est le cas depuis 2022. A partir de septembre, les lauréats de ce nouveau concours intégreront un master professionnalisant et rémunéré. Une période de transition est toutefois nécessaire pour assurer la bascule, obligeant le ministère à faire cohabiter les deux versions du concours, le « bac + 3 » et le « bac + 5 », durant deux ans.
Cette nouvelle formule, pensée pour améliorer l’attractivité des concours après des années de crise de recrutement, permettra-t-elle d’embaucher suffisamment de futurs enseignants ? Le nombre d’inscriptions pourrait le laisser espérer : plus de 88 300 aux concours externes du premier degré et 64 511 pour le second degré, soit environ deux fois plus qu’en 2025.
Parmi ces inscrits, plusieurs milliers le sont cependant aux deux concours afin de maximiser leurs chances, gonflant artificiellement le volume global des postulants. Au concours de professeur des écoles, cette situation concerne jusqu’à 43 % des inscrits au concours bac + 5, et plus d’un tiers de ceux du concours bac + 3. Dans le premier degré, le nombre de candidats tombe à 58 226 personnes une fois décomptés ces doubles inscrits et à 53 554 dans le second degré. Comme toujours, seule une partie d’entre eux est effectivement venue passer les épreuves au mois de mars, mais le ministère a constaté des taux de présence stables, voire en hausse, et notamment des taux supérieurs pour le concours à bac + 3 par rapport à son homologue à bac + 5.
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Source:
www.lemonde.fr




