Travail et environnement. L’actualité des derniers jours montre à nouveau la vulnérabilité des entreprises face aux tensions géopolitiques qui impactent directement le prix des énergies fossiles. La décarbonation de nos économies apparaît donc non seulement comme un impératif écologique et politique, mais aussi comme un impératif économique.
Pour réduire leur dépendance aux énergies fossiles, les entreprises peuvent mettre en place des innovations environnementales, visant à réduire l’empreinte écologique du processus de production, ou à développer des produits ou des services dont l’empreinte écologique est réduite lors de leur utilisation par les consommateurs ou les usagers.
Ces « éco-innovations » sont impulsées par différents facteurs. Elles peuvent découler de politiques publiques telles que des réglementations, des taxes ou des subventions, mais elles peuvent aussi relever de comportements proactifs des entreprises, qui souhaitent, par exemple, répondre à une demande pour ce type d’innovations sur le marché, améliorer leur réputation, ou encore maîtriser le coût de l’énergie et des matières premières.
L’enquête communautaire sur l’innovation menée tous les deux ans auprès d’entreprises européennes nous apprend qu’en France, environ 30 % des entreprises de plus de dix salariés mettent en œuvre de telles innovations environnementales. Si elles peuvent permettre aux entreprises de réduire leurs coûts ou d’augmenter leurs revenus, on peut en revanche s’interroger sur leurs effets sur l’emploi.
Le sens de l’anticipation
Lorsque l’on considère les innovations prises dans leur ensemble, on sait que ces effets sont ambigus. Certaines s’accompagnent de gains de parts de marché et accroissent l’emploi, tandis que d’autres, qui remplacent, par exemple, le travail par des machines, tendent à le réduire. Qu’en est-il dans le cas des innovations environnementales ? La poursuite d’un objectif de réduction des coûts, fût-elle concordante avec des retombées écologiques positives, ne risquerait-elle pas d’affecter l’emploi ?
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Source:
www.lemonde.fr




