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« Le gouvernement de Sébastien Lecornu ne redoute pas tant l’envolée des prix du pétrole que le sentiment délétère de l’impuissance du politique »

L’ancien premier ministre Raymond Barre qui avait eu à gérer les conséquences de deux chocs pétroliers (en 1973 et en 1979) racontait que le second avait eu raison du septennat de Valéry Giscard d’Estaing. Envolés les efforts pour redresser la balance commerciale, stabiliser le franc, contenir l’inflation et adapter l’économie française à la compétition internationale ! A la veille de l’élection présidentielle de 1981, tout le débat économique tournait autour du chômage qui touchait 1,5 million de personnes. Si l’on ajoute à cela l’impopularité du président de la République sortant et l’envie d’alternance qui régnait dans le pays, on comprend pourquoi François Mitterrand fut élu avec 51,76 % des suffrages exprimés, malgré la forte crainte qu’inspirait, à l’époque, l’alliance avec les communistes.

Le gouvernement, qui n’ignore rien de cette histoire, vit comme une calamité la nouvelle guerre au Proche-Orient, déclenchée par Benyamin Nétanyahou et Donald Trump. Nul ne sait quand elle s’arrêtera ni quelles conséquences durables elle aura. L’été apparaît comme la période où tout pourrait basculer vers le pire des scénarios.

Face à cette incertitude, la politique gouvernementale consiste à ne pas trop affoler les Français tout en guettant le moindre foyer d’incendie social pour tenter de l’étouffer. Ce n’est pas tant un mouvement de type « gilets jaunes » que les pouvoirs publics redoutent depuis l’envolée des prix du pétrole que le sentiment délétère de l’impuissance du politique : quelle histoire raconter aux Français quand tout semble vous échapper, la conduite de la politique internationale comme celle des affaires intérieures ?

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Entre 2021 et 2024, lorsque les prix de l’énergie avaient flambé après la crise due au Covid-19 et le déclenchement de la guerre en Ukraine, l’Etat avait consenti 36 milliards d’euros d’aides pour tenter de juguler les risques d’inflation. Sur le moment, cela parut une bonne politique. Aujourd’hui, beaucoup réalisent que cet argent aurait été bien mieux utilisé à accélérer la décarbonation de l’économie pour réduire notre dépendance aux énergies fossiles qui, à chaque crise internationale, nous renvoie à nos coûteuses dépendances.

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Source:

www.lemonde.fr

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