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La France serait dans le vrai selon l'UE: Bruxelles réclame que les aides pour contrôler les prix du carburant restent limitées pour éviter la crise budgétaire

Les hauts dirigeants de l’Union européenne ont réclamé de la mesure dans les décisions prises par les gouvernements nationaux pour contrôler les prix du carburant. Bruxelles craint qu’un trop-plein d’actions n’amène une nouvelle crise économique.

L’Union européenne ne voit pas d’un très bon oeil les mesures de protection qui se multiplient chez ses états-membres. Les responsables européens conseillent aux gouvernements d’éviter des décisions trop radicales, pour ne pas que la guerre en Iran dégénère en crise budgétaire.

La Pologne, l’Italie et l’Espagne ont déjà abaissé leurs taxes sur les carburants. D’autres pays ont réclamé un assouplissement des règles européennes pour leur donner plus de marge sur ces sujets. En France, en revanche, le gouvernement a déjà indiqué que les aides seraient limitées et destinées aux entreprises uniquement.

Pour la Commission européenne, les subventions énergétiques et autres plafonnements des prix doivent être limités, à la fois dans leur portée et dans le temps.

« Ce qui se passe dans un secteur de l’économie peut avoir des répercussions sur le reste de la société, a expliqué Dan Jorgensen, commissaire européen à l’énergie, au Financial Times. La Commission apporte des conseils techniques (…) dans les limites de leurs marges et manoeuvres budgétaires. »

Depuis le début du conflit, les prix du pétrole et du gaz ont bondi de presque 60% et des premières pénuries sont observées, notamment en France. De quoi faire craindre « un risque important (…) de forte inflation », reprend Jorgensen. Selon la Commission, il faut de « la coordination et de la prudence » sur toutes les mesures visant à baisser les prix de l’énergie.

Des pays déjà en opposition

Elle craint surtout une répétition des événements de 2022, lorsque la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine avait débouché sur une lourde inflation et des déficits abyssaux. Il s’agirait de la troisième crise économique en six ans, après celle du Covid. Sur la période, le ratio de la dette/PIB a explosé de 77,8% fin 2019 à 82,1%. La France est l’un des plus mauvais élèves, puisque son ratio est lui passé de 98,1% à 117,4%.

Malgré ces craintes, certaines voix dissidentes s’élèvent déjà. L’Italie assure par exemple qu’il est « inévitable » que la règle limitant le déficit à 3% du PIB soit plus souple. Le pays devrait atteindre 3,2% en 2026, alors que les carburants bénéficient d’un abattement temporaire de 20% pour juguler l’inflation.

Les ministres des Finances d’Allemagne, d’Espagne, d’Italie, du Portugal et d’Autriche ont eux exhorté Bruxelles à imposer une taxe exceptionnelle sur les bénéfices des entreprises énergétiques à l’échelle de l’UE, afin d’alléger le « fardeau qui pèse sur l’économie européenne et sur les citoyens européens ». La Slovaquie a elle réclamé la suspension des sanctions et la reprise des négociations avec la Russie pour son gaz.


Source:

www.bfmtv.com

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