Nous serions « 20 à 25 % plus riches aujourd’hui s’il n’y avait pas eu de réchauffement depuis les années 1960 », explique Adrien Bilal lors d’une interview pour la radio France Culture. Ce Français, qui enseigne désormais aux États-Unis, vient de recevoir le prix du meilleur jeune économiste. Il avoue avoir lui-même été très surpris des résultats de son étude et les avoir faits vérifier à des pairs plusieurs fois.
L’impact de la hausse mondiale des températures sur l’économie est un fait connu depuis plus de 30 ans, mais jusqu’à maintenant, les estimations se basaient sur des études bien trop locales, explique l’économiste à la radio.
« Historiquement, les économistes se sont attachés à évaluer l’impact du changement climatique en regardant la température qu’il fait chez vous, la température locale, et ils ont comparé l’évolution de la croissance en France, lors des années ou ça se réchauffe, à l’évolution de la croissance en Allemagne lors des années où ça ne se réchauffait pas tant que ça. Cette approche a étudié une petite part du réchauffement climatique. On sait que le réchauffement climatique c’est une transformation de l’ensemble du système climatique qui passe en grande partie par le réchauffement des océans. Quand les océans se réchauffent, cela change la formation et la prévalence de tout un tas de phénomènes climatiques. »
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Le réchauffement des océans entraîne alors un bouleversement de l’atmosphère qui conduit à des sécheresses, des vagues de chaleur, des tempêtes, ou encore des épisodes de pluies extrêmes. « Ces phénomènes sont très destructeurs, et cela ralentit l’activité économique de façon considérable. Tous ces phénomènes étaient très peu pris en compte par l’approche sur la température locale. »

Les sécheresses ont un coût économique très élevé qui impacte le PIB. © Q, Abode Stock
Une perte de PIB de 53 % d’ici la fin du siècle
Les travaux de l’économiste se basent sur deux ensembles de données différents :
l’évolution climatique et économique de 43 pays sur une période de 160 ans, de 1860 à 2019 ;l’évolution climatique et économique de 173 pays sur une période de 59 ans, de 1960 à 2019.
C’est avec ces données, en provenance de la NOAA (l’agence météorologique des États-Unis) et de Berkeley Earth pour le climat, que l’économiste a démontré qu’un réchauffement planétaire de +1 °C entraînait une perte de PIB de 26 % en moyenne.

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À plus long terme, un réchauffement de +3 °C d’ici 2100, comme cela est prévu, entraînerait une perte de PIB mondial de 53 % en moyenne.

Les différents scénarios de réchauffement climatiques envisagés par le Giec d’ici 2100. © Météo France
Les conclusions du jeune économiste montrent que, que si les actions pour réduire le réchauffement climatique ont un coût, l’inaction et la poursuite des trajectoires actuelles sont sans conteste bien plus coûteuses.
Source:
www.futura-sciences.com




