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Guerre en Iran : « Cette crise doit être l’occasion d’un débat public sur nos infrastructures fossiles »

La fermeture du détroit d’Ormuz provoquée par la guerre en Iran est en train de plonger le monde dans une crise énergétique qui, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), constitue « la plus grande perturbation de l’histoire de l’approvisionnement ». En réaction à cette crise, le débat public français s’est concentré sur les mesures à prendre et le comportement à tenir face à une flambée des prix du pétrole et du gaz.

Faut-il ou non bloquer les prix à la pompe ? Quelles mesures de soutien mettre en œuvre pour protéger les métiers les plus exposés à cette flambée des prix ? Mais aussi, comment inciter les individus à consommer moins en favorisant le télétravail, en diminuant la vitesse sur les routes, en réduisant le chauffage ?

Sous couvert de pragmatisme, le cadrage du débat sur la nature des aides publiques à dispenser et les comportements individuels à adopter fait écran à ce que cette crise révèle réellement. Le moment que nous vivons braque les projecteurs sur le fonctionnement concret des réseaux techniques qui sous-tendent nos modes de vie. Soudain, ce qui est ordinairement invisible apparaît au-devant de la scène.

Connexions globales

Les trains de liquéfaction de gaz naturel en flammes dans les terminaux méthaniers qataris, les tankers bloqués qui ne peuvent plus sillonner le golfe Persique, les réserves stratégiques de barils de pétrole temporairement débloquées font irruption dans le fil de l’actualité et révèlent leurs connexions profondes à la trame ordinaire de nos existences. La matérialité et la vulnérabilité des infrastructures fossiles dont nous dépendons deviennent appréhendables, mettant en jeu le choix que nous faisons de maintenir notre subordination vis-à-vis de celles-ci.

Nous faisons collectivement l’expérience sensible de ce paradoxe théorisé par la sociologue américaine Susan Leigh Star [1954-2010] : les infrastructures ne deviennent visibles qu’en cas de panne. Tant qu’elles fonctionnent sans rupture ni interruption, elles se fondent dans l’arrière-plan de nos vies, rendant d’autant plus difficile notre capacité à percevoir l’extension de leurs ramifications et à questionner les dépendances qu’elles suscitent.

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Source:

www.lemonde.fr

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