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Trump, “tellement stupide” que même Stephen King n'a “plus les mots”

Pour qu’un écrivain trouve le mot juste désignant son époque, encore faut-il que la réalité lui en fournisse le terreau. Ces derniers jours, Donald Trump s’y est méthodiquement appliqué. À propos de l’Iran, le président américain n’a pas seulement brandi la force : sa logorrhée verbale s’est déversée comme de l’huile sur le feu.

Le 5 avril, rapporte Reuters, il menaçait l’Iran de frappes contre des infrastructures telles que centrales électriques et ponts si le détroit d’Ormuz n’était pas rouvert dans le délai fixé, affirmant : « Nous frapperons leurs infrastructures », promettant que « cela va être l’enfer ».

Ce qui frappe, ici, ne tient pas seulement à l’escalade, mais à la matière même de la phrase. L’AP a relevé, dans le même cycle de déclarations, un ultimatum accompagné d’une rhétorique de destruction assumée : « Ce sera rapide, et ce sera dévastateur. » Puis la démesure s’installe : « Ils n’ont jamais vu quelque chose comme ce qui arrive. »

La parole ne sert plus à signifier une position : elle s’impose comme un geste de domination. Et la rhétorique glisse alors vers l’invective, jusqu’à l’insulte ouverte.

« Mardi sera le jour des centrales électriques, et le jour des ponts, tout en un, en Iran. Il n’y aura rien de comparable !!! Ouvrez ce putain de détroit, bande de tarés, ou vous vivrez en enfer — regardez bien ! »

« REGARDEZ BIEN ! Loué soit Allah », écrivait le POTUS sur son réseau social Truth Social.

Quand le langage déborde la politique

Dans cette dérive, la question littéraire surgit presque naturellement. Reuters note encore que Trump a évoqué l’idée de « faire sauter tout le pays » si ses exigences n’étaient pas satisfaites. L’hyperbole cesse d’être une figure de style : elle devient une manière d’habiter le langage. La menace ne constitue plus un outil diplomatique, mais un mode d’expression à part entière. Or un style, surtout lorsqu’il émane d’un chef d’État, engage une vision du réel, une relation à la limite et à la responsabilité.

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À ce stade, la question n’est plus seulement politique et la sortie récente de Stephen King, 24 heures avant les dérives trumpiennes, prend tout son relief. Sur X, l’auteur écrit : « Trump est si idiot qu’il dépasse toute description, même pour le type qui a écrit Simetierre et Misery. Je n’ai même plus les mots. »

La formule n’a rien d’un simple accès d’humeur. Elle s’inscrit dans une continuité. Stephen King a, à plusieurs reprises, désigné Donald Trump comme un dirigeant intellectuellement déficient. L’auteur écrivait déjà en 2025, à propos de la relation avec Vladimir Poutine : « Poutine a pris Trump pour un idiot. »

Dans de précédentes interventions, il jugeait qu’il était « difficile de croire qu’il y ait jamais eu un dirigeant aussi stupide », ou encore que Trump savait lui-même être « un incompétent ». Et dès 2019, il reconnaissait que le POTUS était « plus effrayant » que ses propres romans.

À force de dépasser la fiction, le réel finirait par la rendre inutile. Parce que la dépasser, voilà longtemps que c’est fait…

Crédits photo : ActuaLitté, CC BY SA 4.0

Par Nicolas GaryContact : ng@actualitte.com


Source:

actualitte.com

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