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Vincent Jeanbrun, ministre de la ville et du logement : « J’essaie de trouver des solutions pour les propriétaires et les locataires »

Le gouvernement doit trouver un « équilibre » entre la protection des locataires et celle des propriétaires, a assuré Vincent Jeanbrun, ministre de la ville et du logement invité de « Questions politiques » sur France Inter, dimanche 5 avril. Ce dernier a fait de la lutte contre les squats et les loyers impayés une priorité.

« Il y a une grande précarité dans notre pays et effectivement vous avez plus de familles qui sont en difficulté pour payer leurs factures à la fin du mois est particulièrement celle de leur logement », a reconnu le ministre, interrogé sur la hausse du nombre d’expulsions. Selon les données de la Chambre nationale des commissaires de justice, publiées mardi 17 mars, les expulsions de locataires ont concerné plus de 30 000 ménages en 2025, un nombre jamais atteint et en hausse de 27 %. Des indicateurs dont a semblé douter Vincent Jeanbrun, qui a affirmé vouloir « consolider ces chiffres ».

« Au-delà des locataires de bonne foi, vous avez parfois aussi des locataires de mauvaise foi qui vont jouer avec le système, qui vont devenir des professionnels des impayés », a-t-il ensuite argué ajoutant : « Il y a un certain nombre de choses sur lesquelles il faut qu’on aille renforcer la protection des propriétaires. » Les commissaires de justice ont constaté que les commandements de payer, adressés par les propriétaires aux locataires en retard pour acquitter leur loyer, n’ont augmenté que de 2,4 % en 2025, après 11 % en 2024.

Pourtant, les expulsions forcées de locataires ont bondi de 60 % en deux ans et les forces de l’ordre ont procédé à 30 500 expulsions locatives en 2025. « Si les expulsions progressent pour leur part de 27 %, c’est parce que les tribunaux font preuve d’une sévérité accrue, ainsi que les préfectures, chargées de la mise en œuvre des décisions », estimait le responsable de la Fondation pour le logement auprès du Monde.

Il soulignait, côté justice, le rôle de la loi Kasbarian-Bergé de juillet 2023, qui a raccourci les délais et réduit les possibilités des locataires d’étaler les paiements. « Les préfets ajournent moins d’expulsions, suivant les prises de position du ministre Vincent Jeanbrun, qui vont vers une accélération et une extension des motifs », déplorait Manuel Domergue.

Les motifs qui permettaient par le passé de retarder l’échéance sont moins pris en compte, selon lui, tels que l’absence de solution de relogement ou d’hébergement pérenne, la présence d’enfants en bas âge, de locataires âgés ou gravement malades, ou encore le fait que le propriétaire ne soit pas dans une situation d’urgence.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Les expulsions forcées de locataires ont bondi de 60 % en deux ans

« On doit protéger ces familles. Ça, évidemment, ça fait sens, a répondu l’ex-maire de L’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne). Ensuite, on doit aussi protéger les propriétaires. (…) Je rencontre autant de locataires en grande difficulté que de tout petits propriétaires, en très grande difficulté quand ils sont eux-mêmes victimes d’impayés de leurs locataires. Et j’essaie de trouver des solutions pour les deux. »

Interviewé à l’approche de la fin de la trêve hivernale mardi soir, le ministre de la ville et du logement avait avancé que certains locataires géraient leur budget, affirmant que « certaines familles ont tous les abonnements à Netflix et Amazon Prime alors qu’elles ont des impayés de loyer ».

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Une enquête de l’Agence nationale pour l’information sur le logement (l’Anil), chargée d’accompagner locataires et propriétaires, datant de 2022, venait pourtant contredire cette affirmation : « Les entretiens réalisés témoignent enfin d’une très faible minorité d’impayés liés à des problématiques de gestion. Dans une large majorité de situations, les impayés sont liés à des ressources des ménages structurellement faibles, pouvant ainsi entraîner la constitution d’un impayé pour toute dépense imprévue (…) ou lors d’évolutions des situations personnelles des ménages (…) »

« Vous avez des familles qui parfois ont d’énormes difficultés à gérer leur budget », s’est expliqué le ministre, plaidant pour des mesures d’accompagnement et le relogement des familles en difficulté. Vincent Lebrun a enfin qualifié les arrêtés antiexpulsions pris par certains maires comme Bally Bagayoko (LFI) à Saint-Denis de « populistes » et « illégaux », considérant que le préfet a eu raison de les contester en justice.

Lire aussi | Saint-Denis : la préfecture attaque en justice l’arrêté antiexpulsions du maire, l’« insoumis » Bally Bagayoko

Le Monde


Source:

www.lemonde.fr

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