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One Health Summit : « Dégrader ou supprimer l’évaluation obligatoire des risques des pesticides serait un contresens »

Le 7 avril, la France accueillera à Lyon des chefs d’Etat et de gouvernement du monde entier dans le cadre du One Health Summit. L’objectif affiché est d’apporter une réponse coordonnée aux crises qui affectent la santé humaine, animale, végétale, et celle des écosystèmes. A cette occasion, nous, scientifiques, acteurs de la société et citoyens, appelons à des décisions ambitieuses, à la hauteur des enjeux aujourd’hui bien documentés par la science, en particulier concernant les pesticides.

Dans ce domaine, le déni des réalités mises en évidence par la science semble faire office de solution sur le plan politique. En France, la proposition de loi du sénateur Laurent Duplomb demande la réautorisation de l’acétamipride, un insecticide de la famille des néonicotinoïdes ayant des effets négatifs avérés sur les pollinisateurs, les oiseaux, et largement suspecté d’induire des effets toxiques pour le système nerveux, la reproduction et le système endocrinien chez l’humain. En Europe, le paquet législatif « omnibus » vise à simplifier les procédures de mise sur le marché des pesticides, sous prétexte de gains économiques pour les entreprises.

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En requérant l’absence d’effet nocif, immédiat ou différé, sur la santé humaine et d’effet inacceptable sur l’environnement, la réglementation européenne ambitionne un haut degré de protection. Pourtant, il y a un profond décalage entre cette ambition et la dégradation de la santé et de l’environnement imputable aux pesticides. La contamination généralisée des milieux terrestres et aquatiques, et ses conséquences sur l’effondrement des populations d’invertébrés et d’oiseaux, ou encore la régression de services rendus par la biodiversité indispensables à nos sociétés, comme la pollinisation, en sont des exemples criants.

Maladies neurodégénératives et cancers

C’est aussi le cas pour la santé humaine, avec des liens avérés entre l’exposition à certains pesticides et le développement de maladies neurodégénératives et de cancers chez les adultes. Ces expositions sont particulièrement préoccupantes pour les fœtus exposés pendant la grossesse et les jeunes enfants, avec un risque accru de développer des troubles cognitifs et neurocomportementaux, ainsi que des cancers du sang et du cerveau.

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Source:

www.lemonde.fr

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