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Didier Daeninckx, écrivain : « Je ne fais pas partie du monde littéraire, je squatte »

Didier Daeninckx est une figure du roman policier, avec plus de 110 titres à son actif, dont des albums cosignés avec l’auteur de bandes dessinées Tardi ou le photographe Willy Ronis. A 77 ans fin avril, il publie un nouveau roman, Les Maisons parachutées (Gallimard, 240 pages, 20,50 euros), inspiré par l’histoire d’un grand-oncle déporté à Mauthausen, Albert Chardavoine, renommé Chardac dans la fiction. Suivra pour Flammarion un recueil d’articles sur des « gens bizarres » de l’histoire. Malgré son succès, l’auteur du Der des ders (Gallimard, 1984), de Nazis dans le métro (Baleine, 1996 ; rééd. Gallimard, 2006) ou encore de Je tue il (Gallimard, 2003) se sent toujours aux marges du monde littéraire.

Je ne serais pas arrivé là si…

… Si je n’avais pas assisté, à l’âge de 15 ans, à une projection d’un film de Jean Renoir, suivi d’un débat entre Renoir et Jean-Luc Godard. Deux géants du cinéma face à face, dans une salle d’Aubervilliers [Seine-Saint-Denis], une ville grise où se mêlaient les odeurs du goudron, des abattoirs et des usines de bouillon Kub. Dans cette banlieue ouvrière où les gens étaient éreintés, la volonté politique avait permis de créer ce lieu exceptionnel, le Théâtre de la Commune. Chaque année, un réalisateur y passait une semaine pour présenter son travail avec des personnalités qui l’interviewaient. Les concepteurs de ce théâtre voulaient que la culture existe dans des endroits réprouvés, stigmatisés. Ils n’imaginaient pas que cela allait transformer la vie des gens qui y habitaient. Soudain, ce soir-là, quelque chose de l’ordre de l’intelligence m’est tombé dessus.

Ce lieu a-t-il vraiment changé votre vie ?

Pas que la mienne ! Comme mes copains, j’étais voué à l’usine. Mon père était ouvrier dans la construction de bagnoles, ma mère préparait les repas pour les mômes dans des cantines. On m’avait mis au lycée professionnel, c’était déjà l’usine. Avec ce théâtre, nous avons découvert un autre monde. Un monde de lumière, de plaisir, d’applaudissements. Nous avons été nombreux à chercher des petits boulots pour entrer dans cette boîte magique. J’y ai été ouvreur. J’ai aussi vendu des billets dans les cités HLM d’Aubervilliers, au porte-à-porte. Bref, j’ai réussi à pénétrer dans ce théâtre.

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Source:

www.lemonde.fr

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