Longtemps cantonnés aux réseaux sociaux, les deepfakes, dont le volume est en constante augmentation, ont désormais envahi la totalité des canaux médiatiques, au point que ces trucages ultra-réalistes sapent la confiance du grand public dans les contenus numériques.
À rebours des méthodes actuelles de détection, qui recherchent les traces d’utilisation de l’IA dans un contenu en cherchant à identifier les éléments non naturels, une équipe de recherche de l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) a conçu une puce intégrable aux appareils de prises de vue et d’enregistrement audio qui rend les données infalsifiables par les pirates informatiques.
Une technologie basée sur le cryptographie
Concrètement, cette innovation s’appuie sur un capteur encastré dans la puce qui signe cryptographiquement les images, les vidéos ou les signaux audio dès leur création. Dans un second temps, la certification des contenus est opérée en produisant une clé privée qui est gravée de façon permanente dans le silicium. Ce système permet de prouver que les données n’ont pas été modifiées ou truquées depuis leur enregistrement, car toute manipulation ultérieure, même infime, laisserait inévitablement une trace.
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En complément, les signatures cryptographiques générées par le capteur peuvent être stockées dans un registre sécurisé, transparent, public et universellement accessible de type blockchain, afin que n’importe quel utilisateur puisse vérifier de manière indépendante l’authenticité des données en obtenant la confirmation de leur origine.
Les deepfakes deviennent de plus en plus réalistes. © France Info, YouTube
96 % de détection
À terme, cette innovation pourrait aider les diffuseurs à vérifier automatiquement l’authenticité des contenus avant leur mise en ligne, car ceux qui ne sont pas truqués disposeront d’un watermark numérique inviolable attestant leur provenance et leur fiabilité. Ainsi, cette technologie pourrait permettre à la fois de repérer les deepfakes, mais aussi d’éviter leur dissémination sur les réseaux et les plateformes.
Les premiers prototypes testés par les chercheurs suisses, qui ont publié leurs travaux dans Nature Electronics, ont atteint un taux de détection supérieur à 96 % sur des vidéos générées par les principaux modèles de type GAN (Generative Adversarial Networks), les IA qui produisent actuellement les trucages les plus réalistes, ce qui prouve l’efficacité du système.

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Autre point fort, la puce fonctionne avec très peu d’énergie, environ un dixième de la consommation d’un processeur graphique classique, ce qui pourrait faciliter son intégration dans les appareils électroniques les plus couramment utilisés.
Afin d’aller plus loin que la « preuve de concept », les chercheurs ont déposé une demande de brevet et étudient la manière dont cette technologie pourrait être industrialisée.
Source:
www.futura-sciences.com




