Le procès en appel n’a rien changé. Trois anciens joueurs de rugby du club de Grenoble jugés pour le viol d’une jeune femme lors d’un après-match très alcoolisé en 2017 ont été condamnés, dans la nuit du vendredi 3 au samedi 4 avril, à des peines allant jusqu’à quatorze ans de réclusion criminelle.
Neuf ans après les faits survenus à Bordeaux et à l’issue d’un procès d’appel à huis clos à Angoulême, la cour d’assises de la Charente a confirmé le verdict rendu en première instance à la fin de l’année 2024 à Bordeaux, où la cour d’assises de la Gironde avait déjà condamné l’Irlandais Denis Coulson et le Français Loïck Jammes à quatorze ans de prison, et le Néo-Zélandais Rory Grice à douze ans.
« Vous êtes condamnés à la même peine qu’en première instance. La cour et le jury ont considéré la gravité des faits, les circonstances des faits, l’absence d’évolution notable par rapport à la précédente décision », a déclaré la présidente aux premières heures de la journée de samedi, après cinq heures de délibéré.
Les avocats des trois mis en cause ont aussitôt annoncé des pourvois en cassation. « On est abasourdis », a réagi Me Corinne Dreyfus-Schmidt, avocate de Denis Coulson. « C’est la répétition d’une sanction excessive et disproportionnée et la seule raison, (…) c’est qu’ils ont adopté une position de défense qui ne convient pas à la cour. »
« On semble leur reprocher de ne pas avoir évolué dans leur comportement, c’est-à-dire de ne pas avoir avoué », a abondé Me Denis Dreyfus, avocat de Loïck Jammes. « Si c’est comme ça qu’on conçoit la procédure d’appel, cela fait peur. »
La plaignante n’a aucun souvenir
Vendredi, l’avocat général avait requis quatorze ans de réclusion contre les trois joueurs, aujourd’hui âgés de 31 ans pour les deux premiers et 36 ans pour le troisième. Les faits de « viol en réunion » pour lesquels ils étaient poursuivis sont passibles de vingt ans de réclusion. Au moment du verdict, les trois accusés sont restés immobiles dans le box avant d’échanger longuement avec leurs avocats et proches. La plaignante était, elle, absente.
« Nous sommes extrêmement soulagés pour notre cliente » qui est « effondrée », a commenté Me Anne Cadiot-Feidt au nom des avocats de la partie civile. « Les sanctions sont lourdes, ce ne sont pas des sanctions symboliques. C’était un procès marathon, mené de manière extrêmement rigoureuse. »
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Le 12 mars 2017, l’étudiante avait quitté en larmes un hôtel de Mérignac, en périphérie de Bordeaux, où l’équipe de Grenoble avait passé la nuit après un match de Top 14 perdu contre l’Union Bordeaux-Bègles. Elle avait déposé plainte, déclarant avoir rencontré des joueurs dans un bar et les avoir suivis en boîte de nuit, où l’alcool avait coulé à flots, sans se souvenir de la suite. Elle ajoutait s’être réveillée le lendemain matin, nue sur un lit avec une béquille dans le vagin, entourée de deux hommes nus et d’autres habillés.
Durant la procédure comme lors du premier procès, les accusés ont affirmé qu’elle était consentante, s’appuyant sur une vidéo tournée par l’un d’eux. Deux autres équipiers qui avaient assisté à la scène sans intervenir, l’Irlandais Chris Farrell et le Néo-Zélandais Dylan Hayes, n’ont pas fait appel de leur condamnation : quatre ans de prison dont deux avec sursis pour le premier, deux ans avec sursis pour le second.
Source:
www.lemonde.fr




